Économie – Social

3,5M d'euros pour renouveller la flotte bretonne

Par Tudi Crequer, France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel vendredi 11 septembre 2015 à 16:30

Le ministre Alain Vidalies sur le port de Keroman
Le ministre Alain Vidalies sur le port de Keroman © Radio France - Tudi Crequer

Le ministre délégué à la pêche a visité ce vendredi matin le port de Keroman. L'enjeu du renouvellement de la flotte était au cœur des discussions.

Arrivé à 5h, Alain Vidalies, le ministre délégué à la pêche a traversé la criée de Keroman pour embarquer sur le tout dernier navire de la Scapêche, le Jean-Pierre Le Roch, du nom du fondateur d'Intermarché. Un bateau dernier cri qui "respecte la ressource naturelle, le volet social et qui est intéressant en terme économique, résume fièrement Olivier Le Nézet, président du comité des pêches départemental, c'est l'exemple du navire de demain, du navire du futur".

L'investissement a été important pour le groupe de pêche : le chalutier de 41 mètres a coûté 8,5 millions d'euros. Mais c'est une dépense "nécessaire, explique Jean-Pierre Le Visage, responsable d'exploitation de la Scapêche Lorient. On ne peut pas travailler avec des outils trop petits".

3,5M € d'aides pour les jeunes pêcheurs

Les navires bretons sont âgés en moyenne de 25 ans, la question du renouvellement des flottes est donc une des priorités du milieu, tout comme l'accès des jeunes à la profession.

Une aide de 3,5 millions d'euros va ainsi être débloquée par l'Union européenne et la région Bretagne dans le cadre du FEAMP (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche). "28 dossiers ont déjà été déposé, précise Pierre Karleskind, vice-président de la région en charge de la mer. Ils vont pouvoir avoir une aide jusqu'à 75.000€ pour leur permettre d'acheter leur premier navire."

Zero rejet en mer : "Inapplicable en l'état"

Le dossier brûlant des "rejets en mer" a également été abordé "longuement" lors de cette réunion. Cette directive européenne demande au navire de ramener à terre les poissons qu'ils ont l'habitude de "rejeter en mer" quand les prises sont trop petites notamment.

Cette mesure est déjà appliqué pour les navires pélagiques mais elle sera progressivement appliquée à l'ensemble des bateaux. Pour Maurice Benoish, cette mesure est "inapplicable dans les termes, c'est même pas de la mauvaise volonté, on a un problème technique. Je ne sais pas comment cela va se passer quand elle sera généralisée". Cet ancien pêcheur souligne également que les professionnels n'ont "pas le droit de valoriser les prises ramenées pour la consommation humaine, donc les pêcheurs vont payer pour ramener des poissons. On marche sur la tête !"

"Les pêcheurs vont payer pour ramener des poissons. On marche sur la tête !" Maurice Benoish, PDG du port de Keroman

"Il reste effectivement cette question de la valorisation de la ressource, mais il ne faut pas oublier que l'objectif principal c'est de pousser les professionnels à plus de sélectivité", répond Alain Vidalies. _"Le zéro rejet n'existe pas, _rétorque Olivier Le Nézet, le président du comité des pêches départemental, qui vient en secours au ministre. On parle d'obligation de débarquement, et les professionnels ne sont pas opposés. Ils veulent simplement des outils innovants."