Économie – Social

Trois ans après la fermeture de l'usine Honeywell, que sont-ils devenus ?

Par Marc Vantorhoudt, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) lundi 4 juillet 2016 à 6:00

Les salariés d'Honeywell avaient mené plusieurs mois de lutte à l'annonce de la fermeture de leur usine en octobre 2012.
Les salariés d'Honeywell avaient mené plusieurs mois de lutte à l'annonce de la fermeture de leur usine en octobre 2012. © Maxppp - Cyrille Calmets

Il y a 3 ans l'usine Honeywell de Condé-sur-Noireau fermait ses portes. Plus de 320 salariés se retrouvaient sans emploi et la production de plaquettes de frein était délocalisée en Roumanie. Une catastrophe pour les salariés et la région.

À la fermeture de leur usine ils n'étaient plus que 326 salariés. Parmi eux certains ont réussi à retrouver du travail, mais beaucoup d'autres ne sont pas parvenus à retrouver un emploi. Trois ans après que sont-ils devenus ?

Ils ont réussi à retrouver du travail

Ce sont les moins nombreux. Sur les 326 ex-Honeywell pas plus d'une cinquantaine ont retrouvé un emploi durable. Certains ont même quitté la région, comme ce couple qui est parti en Vendée ouvrir une crêperie à Luçon.

Ça a été très difficile de trouver une formation. Plusieurs écoles m'ont refusé. À cause de mon âge : 53 ans, pas facile d'être accepté dans le milieu de la mode.

3 ans après la fermeture de l'usine Honeywell, Khan Zaraak, ancien mécanicien, s'est reconverti dans la coiffure.  - Radio France
3 ans après la fermeture de l'usine Honeywell, Khan Zaraak, ancien mécanicien, s'est reconverti dans la coiffure. © Radio France - Marc Vantorhoudt

Parmi ceux qui sont restés, plusieurs ont pu se reconvertir : ainsi, Khan Zaraak, ancien mécanicien, a pu suivre une formation en CAP Coiffure à l'IFEC de Caen. Puis racheter un salon de coiffure à Flers en septembre dernier. Il emploie aujourd'hui trois personnes. "C'est très différent de l'usine, explique-t-il. On voit des personnes différentes tous les jours. Chacun a son histoire. On peut discuter de tout."

Khan Zaraak s'est reconverti comme coiffeur à Flers.

Ils restent en difficulté

Sur l'ensemble des ex-salariés d'Honeywell, plus de la moitié est encore inscrite à Pôle Emploi. Pour la plupart ils n'ont jamais retrouvé d'emploi durable malgré les reformations en menuiserie, en soudure... Ils doivent se contenter de travaux en intérim et de petits boulots. "Beaucoup sont en fin de droit car ils n'ont pas retrouvé de travail. Les situations financières commencent à devenir très difficiles." indique une syndicaliste CFE-CGC qui a travaillé 27 ans dans l'usine.

Beaucoup n'ont pas réussi à se reclasser.

Les anciens salariés ont tenté différentes voies. Même si beaucoup se sont avérées être des cul-de-sac. Par exemple parmi les 29 ayant tenté leur chance en créant leur entreprise, 10 ont déjà été contraints de mettre la clé sous la porte.

Que faire de l'ancienne usine ?

Les engins de chantier s'activent pour démolir l'ancienne usine. - Radio France
Les engins de chantier s'activent pour démolir l'ancienne usine. © Radio France - Marc Vantorhoudt

Pour l'instant les travaux de démolition de l'usine se poursuivent. Une grande partie des bâtiments ont déjà été rasés. Un crève-coeur pour beaucoup d'anciens de l'usine, comme Roland Leroyer, 37 ans de travail ici, et qui vient régulièrement suivre les travaux de démolition.

Roland Leroyer, 37 ans à l'entreprise Honeywell, face au chantier de démolition.

Les travaux sont ralentis par la poussière d'amiante répandue dans tous les bâtiments. Des travaux de dépollution devront suivre. Il est difficile de savoir aujourd'hui ce à quoi le site sera ensuite destiné.

Salarié de l'usine pendant 37 ans Roland Leroyer a vu ces bâtiments sortir de terre. et assiste aujourd'hui à leur démolition.  - Radio France
Salarié de l'usine pendant 37 ans Roland Leroyer a vu ces bâtiments sortir de terre. et assiste aujourd'hui à leur démolition. © Radio France - Marc Vantorhoudt