Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Payer une facture de chauffage et faire le plein de carburant, la galère pour de nombreux Ardéchois et Drômois

lundi 9 novembre 2015 à 5:00 Par Charlotte Coutard, France Bleu Drôme Ardèche

La vulnérabilité énergétique touche de nombreux Ardéchois et Drômois. Ce sont des habitants qui dépensent plus de 8% de leurs revenus pour se chauffer, plus de 4,5% de leurs revenus pour acheter du carburant. Cela concerne en majorité des retraités, des chômeurs et des étudiants selon l'INSEE.

Chauffage, image d'illustration.
Chauffage, image d'illustration. © Radio France - Radio France

Alboussière, France

25% des foyers de la région Rhône-Alpes sont susceptibles de ne pas pouvoir payer une facture de chauffage, ou de faire un plein de carburant. C'est ce qui ressort d'une étude de l'INSEE, l'Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques, en partenariat avec la DREAL, la Direction Régionale de l'Environnement de l'Aménagement et du Logement.

Des habitants "vulnérables" du point de vue énergétique

Ces personnes sont dites en "vulnérabilité énergétique", c'est-à-dire que le chauffage absorbe plus de 8% de leurs ressources, plus de 4,5% pour le budget carburant. Par exemple, pour un couple au SMIC, ça représente une facture de 180 euros par mois de chauffage pendant l'hiver. Cette vulnérabilité touche en particulier les personnes avec des revenus faibles, qui vivent dans des logements de mauvaise qualité, mal isolés, et chauffés avec des énergies qui coûtent chères, comme du fioul ou de vieux radiateurs électriques.

Cela concerne surtout des personnes qui vivent dans des milieux ruraux, en majorité des retraités (43%), et des étudiants et des chômeurs (17%). Le profil type de la personne vulnérable, c'est un habitant propriétaire d'un logement construit il y a plus de 40 ans, à la campagne ou à la montagne, assez loin d'une grande ville, et qui se chauffe au fioul.

22% dans la Drôme, 31% en Ardèche

25% des habitants de la région Rhône-Alpes sont donc susceptibles de ne pas pouvoir se chauffer correctement, dans la Drôme c'est un peu moins, avec 22% (c'est aussi la moyenne nationale), en revanche en Ardèche, le taux monte à 31%, car beaucoup de personnes se chauffent au fioul dans ce département. A Valence, une personne sur cinq est concernée.

On met une bouillotte dans le lit, et plus de couvertures

— Alice

Au quotidien, cette vulnérabilité énergétique implique une gestion très serrée du budget l'hiver. Chez Simone, 92 ans, qui vit à Alboussière, il y a des radiateurs électriques. Elle n'a qu'une petite retraite agricole, elle fait donc très attention, "bien sûr que ça consomme, il ne faut pas le mettre trop fort. Moi, dedans, chez moi, si j'ai deux pulls sur le dos, ça ne me gêne pas. Dans la salle de bain, quand je fais une petite toilette rapide, je ne mets pas le chauffage".

Reportage France Bleu Drôme Ardèche.

Même chasse aux économies pour Alice et Gérard, également à la retraite. A eux deux, ils touchent 1400 euros par mois. Et chaque hiver, ils dépensent 2000 euros pour remplir leur cuve de fioul. "Pour se chauffer c'est très difficile", explique Alice, "_alors dans la chambre on met une bouillotte dans le lit, et plus de couvertures". _

On tire la langue, on n'y arrive pas

— Gérard

Ces retraités arrivent à avoir 20 degrés dans la pièce grâce à un chauffage au bois pour compléter le fioul, mais ils sont obligés de faire des sacrifices. Gérard explique qu'ils se privent de sorties, de restaurants, et achètent peu de vêtements. Car il y a aussi le budget voiture qui plombe les finances du couple :"Quand on n'a pas les moyens de faire le plein de carburant, qu'est-ce-qu'on fait ? Et bien toute la semaine on ne sort pas, on reste là".

Cette vulnérabilité énergétique a donc des conséquences sociales, mais elle peut aussi avoir un impact sur la santé, avec le développement de pathologies comme de l'asthme et des rhumatismes.