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500 salariés à Brive : Photonis, pépite de la défense, va-t-elle être vendue aux Américains ?

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Par , France Bleu Limousin

L'entreprise Photonis, dont un site emploie 500 personnes à Brive, va-t-elle passer sous pavillon américain ? La vente du leader mondial de la vision nocturne est imminente, sur fond de polémique au sujet de la souveraineté nationale. Le site de Brive n'aurait rien à craindre selon le maire.

L'entrée du site de Photonis, à Brive
L'entrée du site de Photonis, à Brive - Google Street View

C'est un dossier hautement sensible à plusieurs titres : la vente de l'entreprise Photonis, dont un des sites emploie quelques 500 salariés à Brive (plus de 450 cdi et plus de 50 non permanents en ce moment). Il s'agit de l'un des plus gros employeurs privés de Corrèze, un département malmené récemment par les plans sociaux BorgWarner et Deshors Moulage.

Leader mondial de la vision nocturne

Cette fois, la situation est bien différente pour l'entreprise qui travaille pour le nucléaire, le spatial, la science, le médical mais aussi, et surtout, la défense. Elle en est le leader mondial dans la technologie de vision nocturne. Certains éléments composent les équipements des forces spéciales des plus grands pays du monde. Ces composants permettent par exemple de voir en couleurs dans une obscurité quasi totale. 6% de son chiffre d'affaires, établi à 150 millions d'euros, concerne l'armée française.

Brive, site le plus important

Son siège social est basé à Mérignac, près de Bordeaux, et l'entreprise dispose d'un site à Roden, aux Pays-Bas, et deux aux Etats-Unis. Avec environ un millier de salariés au total, le site de Brive et ses quelques 500 employés fait figure de site le plus important, même s'il a connu un dégraissage il y a deux ans avec cinquante départs volontaires en mai 2018.

Et c'est bien en France qu'on est fébrile, à l'heure actuelle, car Photonis est sur le point de passer sous pavillon américain. Son propriétaire, le fonds d'investissement français Ardian, veut céder la pépite française à Teledyne, entreprise industrielle américaine spécialisée dans l'imagerie. Moyennant plus de 550 millions de dollars selon plusieurs médias spécialisés. Mais, côté français, cette vente se heurte à des choix stratégiques pris au plus haut sommet de l'Etat.

Souveraineté nationale et secret défense

Il est effectivement question de souveraineté nationale, la crise du coronavirus l'a rappelée à tout un chacun. Sauf que ni Thalès ni Safran, clients français de Photonis et fleurons nationaux, ne veulent racheter. Et la France ne disposerait pas non plus d'un investisseur spécialisé aux reins suffisamment solides pour peser face à Teledyne. Alors le ministère de l'Economie semble enclin à dire oui à la vente. En revanche, celui des Armées tique car Photonis est une pépite avec des technologies inégalées.

Des dispositifs pour se protéger ?

Il est donc question de mettre des garde fous pour faire du protectionnisme, en invoquant le secret défense. L'une des possibilités consisterait à instaurer un dispositif qui permettrait à Teledyne d'être propriétaire... tout en devant obtenir l'accord d'un 'comité de sécurité' pour accéder à des informations confidentielles, que ce soit sur la recherche et le développement, ou l'innovation, avec un éventuel droit d'opposition français. Une option supplémentaire consisterait à faire entrer la BPI, la banque publique d'investissement, au capital de Photonis. Mais cela vire désormais à la polémique politique. Des députés et des sénateurs ont fait part de leur réserve. Le Rassemblement National et Marine Le Pen demandent eux d'empêcher cette vente au nom de la souveraineté.

Le maire de Brive a eu des garanties

Reçu à Brive, fin mai, le patron de Photonis, Jérôme Cerisier, a faire savoir au maire que le site briviste n'aurait rien à craindre d'une telle vente. "Cela m'a été confirmé ici, dans mon bureau, par le président du groupe et le directeur de l'usine briviste" indique Frédéric Soulier à France Bleu Limousin. "Ce sont des emplois extrêmement qualifiés. La volonté de Photonis à aller chercher de nouveaux marchés nécessite d'avoir des ressources techniques à disposition. On ne joue pas avec ça".

Le projet d'investissement est considérable

Aux yeux du maire, venu du monde de l'entreprise, il ne faut pas forcément redouter un changement d'actionnaire. "Le groupe a un projet d'investissement très important, je crois que c'est plus de 510 millions d'euros. C'est considérable ! ". Avec donc la nécessité d'avoir quelqu'un pour le financer. "Il semble, après recherche, que Teledyne soit le candidat se rapprochant le plus de la philosophie de l'industrialisation nécessaire pour ce marché de la vision nocturne, et que ce soit un acteur digne de la croissance de l'entreprise à Brive".

L'exemple Teledyne à Grenoble

Que cet investisseur soit Américain ? "Il y a des éléments rassurants : une éventuelle entrée de la BPI au capital, mais aussi les mécanismes de management et de gouvernance où les acteurs au pilotage peuvent avoir un rôle primordial. Je relève que c'est ce que fait le gouvernement américain quand une entreprise française veut racheter une entreprise américaine. Il y a des contrôles et des points d'entrée". Il cite aussi l'implantation de Teledyne à Grenoble pour lever les doutes sur les intentions du probable acquéreur.

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