Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

9 mois après l'interdiction d'exploiter, des habitantes toujours opposées au datacenter de La Courneuve

mardi 26 juillet 2016 à 11:51 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

En octobre, deux habitantes de La Courneuve ont obtenu une interdiction d'exploitation du datacenter situé dans leur rue. Mais 9 mois après, l'activité ne s'est jamais arrêtée en toute légalité. Des travaux d’agrandissement sont même en cours car la préfecture a donné son accord.

Les travaux d'extension en cours au datacenter de La Courneuve
Les travaux d'extension en cours au datacenter de La Courneuve © Radio France - Rémi Brancato

La Courneuve, France

Elles pensaient avoir obtenu victoire, il n'en est rien. Matilda Mijajlovic et Khadija aït Oumasste, deux habitantes de la rue Rateau, à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, sont toujours en colère contre le datacenter de la société Interxion, installé devant leurs fenêtres de l'autre côté de la rue. Regroupée en association, appelée Urbaction 93, elles ont obtenu en octobre du tribunal administratif de Montreuil une annulation de l'arrêté de la préfecture de Seine-Saint-Denis, qui autorise l'exploitation du site, en raison des nuisances sonores

Des travaux d'extension en cours

9 mois après, l'activité de ce datacenter ne s'est jamais arrêtée et des travaux d'extension ont même débuté, il y a un peu plus de deux mois, en toute légalité. En attendant le jugement devant la cour administrative d'appel de Versailles, prévu le 26 novembre prochain, le préfet de Seine-Saint-Denis a délivré une autorisation temporaire d'exploiter le site, immédiatement après la décision de justice. Une nouvelle enquête publique s'est donc terminée le 8 juillet dernier, portant notamment sur la mesure des nuisances sonores générées par le site.

L'exploitation ne s'est jamais arrêtée dénonce Matilda Mijajlovic

"Il y a une réglementation, respectée à 100% par Interxion" clame aujourd'hui le président du groupe Fabrice Coquio qui assure que les mesures effectuées pendant l'enquête chez les riveraines plaignantes n'ont pas permis de relever de nuisances sonores. Selon lui, le datacenter, qui accueille les serveurs et les données de nombreuses entreprises présentes sur Internet, sert même de barrière entre les habitations des riveraines et l'autoroute A86 qui se situe juste derrière.

La réglementation est respectée et le datacenter ne pourrait pas s'installer n'importe où répond Fabrice Coquio le président d'Interxion.

Au printemps, la société a donc débuté les travaux d’agrandissement, qui devraient se terminer en février 2017, pour atteindre 65% de la capacité d'occupation totale du site. "Je pensais qu'on allait respirer un peu or le site est à nouveau exploité" dénonce Matilda Mijajlovic. Fabrice Coquio répond que les travaux se font sur la base du même permis de construire que celui utilisé pour la première phase du bâtiment.

Les habitantes sont toujours autant remontées contre ce datacenter à La Courneuve. Rémi Brancato

Les riveraines s'inquiètent pour leur sécurité

Mais les riveraines s'inquiètent surtout et toujours pour leur sécurité. Sur le site se trouvent 8 cuves de fioul destinées à alimenter des générateurs électriques en cas de panne du réseau, et afin que les serveurs ne s'arrêtent jamais. "Le fioul est inflammable" s'emporte Matilda, qui craint une "explosion" alors que ses "fenêtres sont à 10 mètres!". Sur le site, Fabrice Coquio se veut rassurant devant ces fameuses cuves de fioul, invisibles, car enterrées. "Vous ne voyez rien, puisque les cuves sont enterrées dans des blocs de béton double épaisseur avec détection de fuites" explique le président qui ajoute "souvent les gens s'inquiète moins d'une station service qui est nettement moins sécurisé que ce type d'installation".