Économie – Social

90% des restaurateurs du Territoire de Belfort veulent vendre

Par Faustine Mauerhan et Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard lundi 17 février 2014 à 15:18

Un "bouchon" restaurant traditionnel de la rue Mercière à Lyon.
Un "bouchon" restaurant traditionnel de la rue Mercière à Lyon. © Stéphane Milhomme - Radio France

C'est une information France Bleu Belfort Montbéliard : les restaurateurs traditionnels du Territoire de Belfort en ont ras le bol des taxes, des "réchauffeurs d'assiettes" et des fast food. A tel point même, que 90% d'entre eux cherchent à se débarrasser de leur commerce.

C’est France Bleu Belfort Montbéliard qui vous le révèle : 90% des restaurateurs traditionnels du Territoire de Belfort veulent vendre leur commerce. Le chiffre est impressionnant et pourtant, c’est bien vrai. L’Union locale des restaurateurs, hôteliers et cafetiers nous le confirme. Sur 53 établissements, 46 sont ou seront bientôt à vendre. Il suffit d’ailleurs d’aller jeter un œil au site de petites annonces en ligne leboncoin.fr, la plupart des fonds de commerce à vendre s’y trouvent.

Le ras le bol des taxes.

Vincent Fabre tient le Bar du Palais à Belfort. Passionné par son métier, il a voulu tenir. Mais aujourd’hui sa vocation ne suffit plus. Il essaye de vendre depuis un an et demi, « mais il n’y a pas grand monde pour reprendre les entreprises aujourd’hui, explique le patron. C’est vraiment très très dur à l’heure actuelle. La conjoncture n’est déjà pas facile, on a du mal à attirer les clients, mais en plus, on doit payer davantage  », se rend compte Vincent Fabre.

12H // Restos Vincent Fabre

Et pour cause. Il y a eu treize nouvelles taxes sur les commerçants en 2013 s’indigne Sébastien Goudey, le président de l’Union syndicale des restaurateurs, hôteliers et cafetiers du Territoire de Belfort. « Ce sont de nouvelles taxes comme le droit d’accise sur la bière, la taxe sur les enseignes, le nouvel impôt sur les complémentaires santés obligatoires des salariés, etc. Sans parler de la TVA à 10%. On ne comprend pas ce que l’Etat a fait à notre secteur d’activité. »

12H // Restos Goudey

Mais il n’y a pas que cela. Belfort vient de subir une longue période de travaux (NDRL : la phase II d’Optymo, la piétonisation du Faubourg de France, la rénovation de la place d’Armes). Le commerce, de façon générale, en a beaucoup souffert. Et puis, ajoute Sébastien Goudey, « il y a les effets d’annonce. La mairie veut installer un KFC, un Pizza Del Arte et un restaurant La Criée, cela fait peur aux restaurateurs traditionnels. Surtout que les enseignes s’implanteraient à l’entrée de la ville, plus personne ne s’aventurera en vieille ville avec ça » , prédit le président.

Restos à vendre / BOB ok

Résultat, les restaurateurs veulent vendre, pour partir, relancer une affaire à l’étranger. Entre 2012 et 2013, les liquidations judiciaires de restaurants ont augmenté de 16% dans le département.