Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus

"On a dû jeter toutes nos plantes de printemps" : le désarroi d'une jardinerie lorraine

-
Par , France Bleu Sud Lorraine

D'habitude, le soleil et le printemps marquent le lancement d'une période d'intense activité dans les jardineries lorraines. Cette année, le confinement en a décidé autrement. A Champenoux, Décor Jardin en fait les frais. Magasin fermé, salariés en moins et plantes à jeter : le coup est dur.

"Primevères, pensées, bulbes... on a dû les jeter", regrette Robert Hary, horticulteur à Champenoux près de Nancy
"Primevères, pensées, bulbes... on a dû les jeter", regrette Robert Hary, horticulteur à Champenoux près de Nancy © Maxppp - Julio Pelalez

Au début du mois d'avril, c'est l'affluence dans toutes les jardineries de Lorraine. Enfin, normalement. Cette année, à cause de l'épidémie de coronavirus, la plupart des vendeurs de plantes ont baissé le rideau. Cela fait plus de deux semaines déjà, et cela risque de durer. 

Cette fermeture brutale est un véritable coup de massue pour Robert Hary, responsable de Décor Jardin à Champenoux, près de Nancy. Le Lorrain est inquiet : les trois mois du printemps, cela représente 80% de son chiffre d'affaire annuel.

"Jeter des plantes, un crève-cœur"

Le 16 mars dernier, l'horticulteur meurthe-et-mosellan est donc contraint de fermer les portes de son point de vente. Conséquence : une quarantaine de salariés se retrouvent sans activité. Ils ne sont plus qu'une vingtaine à s'affairer dans les jardins à proximité pour assurer la production. "Il reste encore un employé au magasin pour s'occuper des plantes d'intérieur et des plantes de pépinières qui peuvent être repiquées plus tard, déclare Robert Hary. Il faut bien quelqu'un pour nettoyer et arroser ce qu'il reste."

Et pour les autres plantes ? 

On a dû tout jeter, déplore l'horticulteur. C'était un véritable crève-coeur ! Elles étaient vraiment belles...

"C'était la semaine du 16 mars, il commençait à faire beau et on avait toutes nos plantes de printemps, les primevères, les bulbes, les pensées, raconte le jardinier. Et tout cela, on devait arrêter. On a tout jeté. On a pensé à les donner évidemment. C'est d'ailleurs ce qu'on a voulu faire le premier jour mais il y a eu beaucoup trop de monde d'un coup. Les gens stationnaient sur le parking pour les récupérer. Ils étaient tous réunis. Ce n'était plus possible avec le confinement."

Pour limiter la casse et apporter un peu de réconfort, Robert Hary est en contact avec plusieurs associations régionales accueillant des personnes handicapées. L'horticulteur a ainsi décidé de leur donner des plantes, au compte-gouttes, notamment des pensées, pour égayer leur quotidien et leurs activités de jardinage, porte de sortie plus que bienvenue en plein confinement.

"Concurrence déloyale"

Comme les plantes ne sont pas considérées comme des biens essentiels, elles sont interdites à la vente en magasin. Mais toutes les jardineries ne sont pas fermées pour autant. D'autres grandes enseignes de la région disposant de rayons dédiés à l'animalerie et à l'alimentation peuvent ouvrir. "Pour moi, c'est de la concurrence déloyale, proteste Robert Hary de Champenoux. Parfois, certains clients ressortent de là avec des plantes, et ça ce n'est pas normal !"

En réponse, l'horticulteur espère mettre en place une plateforme de drive ou de livraison dans les prochains jours. "Comme on n'a pas le droit de vendre en magasin, l'idée ce sera de vendre à distance."

Planter, jardiner, confinés !

Dans l'attente d'une prochaine réouverture, Robert Hary donne volontiers ses bons conseils pour ceux qui ont la chance d'avoir un jardin en plein confinement. "Vous pouvez déjà préparer et retourner la terre. Si vous avez des graines, vous pouvez aussi faire vos semis. Comme ça, votre jardin sera prêt quand vous reviendrez acheter vos plants de salades par exemple. Ceux qui ont un balcon, c'est pareil. Vous pouvez préparer des semis dans des petits pots et dans un mois vous pourrez les ressortir et les replanter dans des jardinières. Vous serez déjà avancés dans votre saison et vous aurez peut-être quelques tomates !" 

"Et puis, le jardinage, pour occuper les enfants pendant le confinement, c'est génial. C'est ludique. Cela nous rappelle à tous la notion du temps. Une notion importante en ce moment, conclut Robert Hary dans un sourire. Une plante, ça met plusieurs jours voire plusieurs semaines avant de sortir la tête dehors".

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu