À Epernay, mobilisation générale pour défendre l’appellation Champagne face à la Russie
Les ministres Julien Denormandie et Franck Riester ont rencontré ce vendredi les syndicats et producteurs de champagne à Epernay pour défendre la filière Champagne face à la nouvelle loi viticole russe. Pour l'instant, les exportations de champagne sont suspendues vers la Russie.

Les ministres de l’Agriculture et du Commerce extérieur sont venus à Epernay ce vendredi 9 juillet pour assurer les élus et professionnels du champagne de leur soutien à la filière. Une loi signée vendredi 2 juillet en Russie oblige les distributeurs de champagne à inscrire la mention "vins mousseux" sur la contre-étiquette de leurs bouteilles. Seuls les vins effervescents russes auront désormais le droit d’utiliser le terme « Shampanskoe » (traduction de champagne en russe).

Le Champagne est un produit français qui vient de la Champagne -- Julien Denormandie
Vingt ans qu'un ministre de l'Agriculture n'était pas venu dans la capitale du champagne Epernay, et c'est donc l'importance de l'appellation Champagne que Julien Denormandie a rappelé : "Le champagne est un produit français qui vient de la Champagne !". "Les autorités russes savent à quel point la France et de manière générale l'Europe, sont déterminées sur ce sujet : protéger nos appellations d'origine comme le champagne c'est protéger une partie de notre identité".
Autour de la table ce vendredi matin à Epernay, les représentants des maisons et des vignerons de Champagne ont pu échanger avec JulienDenormandie mais aussi Franck Riester, ministre délégué en charge du Commerce extérieur. Les ministres ont expliqué que la France et l'Union européenne sont mobilisées pour l'appellation champagne, via la voie diplomatique, même s'il faut d'abord décrypter ce qu'il y a précisément derrière la législation russe.
Les exportations vers la Russie quasi impossibles désormais
En attendant d'être fixé sur l'avenir, le Comité interprofessionnel des vins de Champagne déconseille d'exporter vers la Russie pour l'instant. L'arrêt des expéditions vers le marché russe, c'est notamment la position de la maison de champagne Pol Roger, que les ministres Julien Denormandie et Franck Riester ont visitée. Ici les bouteilles prévues à l'origine pour l'exportation vont rester au frais.
"On pourrait exporter probablement, mais les vins ne pourraient pas être commercialisés sur place puisque les étiquettes ne sont pas conformes à la loi nouvelle, que les vins devraient faire l'objet d'une nouvelle certification, et donc techniquement on ne peut pas... et on ne veut pas entrer dans la démarche d'adaptation de nos étiquettes puisque l'objectif final c'est la reconnaissance de l'appellation", explique David Chatillon, directeur général de l'Union des maisons de Champagne.

Ce n'est pas un petit marché pour nous et c'est un marché historique -- Maxime Toubart
C'est une affaire politique et diplomatique. Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, a indiqué dès mardi devant l'Assemblée nationale que si le dialogue s'avérait impossible, le problème pourrait se régler devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
"L'affaire dépasse largement la Champagne", souligne le président du Syndicat général des vignerons de la Champagne, Maxime Toubart qui reconnaît aussi l'enjeu économique : "C'est un marché historique, les russes sont de bons amateurs de champagne, c'est un marché en devenir, donc c'est un combat qu'il faut mener très vite".
La Russie est le 15e marché mondial pour les expéditions de champagne. Cela représente 1,8 millions de bouteilles sur les 150 millions vendues en moyenne chaque année hors de France.