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Les parfumeurs historiques et les producteurs d'arômes de Grasse face à la crise

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Par , France Bleu Azur, France Bleu

À Grasse, berceau de la parfumerie où sont concentrés de nombreux industriels et producteurs de parfums, la crise sanitaire et financière pèse sur le chiffre d'affaires. Les parfumeurs historiques souffrent du manque de touristes tandis que les industriels producteurs d'arômes s'en sortent.

L'usine Robertet à Grasse
L'usine Robertet à Grasse © Maxppp - ANAIS BROCHIERO

En neuf mois de crise sanitaire, le marché de la parfumerie de luxe a reculé, on sort moins de chez soi alors on achète moins de parfums. Il faut ajouter que les parfumeries ont été fermées pendant le premier confinement, considérées comme des commerces non-essentiels. Les ventes par Internet ne compensent pas le manque à gagner. 

À Grasse (Alpes-Maritimes), les gros producteurs de parfums et d'arômes diversifiés sont relativement épargnés car leur "polyvalence" les sauve. Chez Robertet par exemple, "le chiffre d'affaires a baissé de 2,3 %, détaille Julien Maubert, directeur de la division matière première. Essentiellement parce que la parfumerie fine, de luxe, est en perte de vitesse". Mais le déficit est partiellement compensé par des produits fonctionnels, dits d'entretien et d'hygiène "moins glamour" pour nettoyer la maison ou les arômes alimentaires qui se portent bien. La production ne s'est jamais arrêtée au sein de l'usine. 

Reportage

Une industrie "résiliente" 

Chez les parfumeurs de la cité grassoise comme Fragonard, Molinard ou Gallimard (des historiques qui vivent à 80 % grâce aux visites de touristes, principalement étrangers au fort pouvoir d'achat), l'absence de cette clientèle cette année et la fermeture des visites pèsent fortement sur les résultats. 

Les ventes sont catastrophiques, les ateliers de production ont dû fermer pendant un temps. Ces entreprises ont plaidé leur cause auprès du gouvernement et ont finalement été reconnues "dépendantes du tourisme" et ont obtenu des aides de l'Etat.

Autre coup dur pour la parfumerie fine, la fermeture des boutiques dans les aéroports, où habituellement les parts de marché sont fortes. Néanmoins, "le parfum est une industrie résiliente qui a su s'adapter" relativise Philippe Massé, président de PRODAROM, le syndicat national des industries de la parfumerie basé à Grasse. 

Beaucoup d'entreprises du territoire ont transformé un temps leur chaîne de production pour fournir du gel hydroalcoolique. C'est le cas de Mane, numéro 5 mondial des arômes et parfums, installé à Bar-sur-Loup "qui a produit en mars avant les élections municipales plus de 20 tonnes de solutions hydroalcoolique". 

Le chiffre d’affaire des professionnels représentés par PRODAROM,  syndicat national des industries de la parfumerie basé à Grasse, a baissé d'environ 3,5 % sur les neuf premiers mois de l’année 2020.

L'activité à l'export pour les 70 sociétés qui font partie du syndicat Prodarom (dont treize sociétés basées à Grasse, leaders du marché) a été ralentie par la crise. "Nous exportons 75 % de notre chiffre d'affaires et la situation économique était déjà tendue avec des incertitudes liées au Brexit. La fourniture de produits sur les marchés européens a diminué mais pas aux Etats-Unis par contre". 

Des lancements de produits ont été repoussés à 2021-2022 mais Julien Maubert, chez Robertet, reste optimiste pour l'avenir : "À part le premier confinement, la période reste relativement dynamique en termes de projets, les marques ont une volonté de renouveler leur offre, en accord avec les nouvelles attentes des consommateurs pour des produits plus sains, traçables, de proximité."

Quant aux producteurs de fleurs à parfum du pays grassois, ils se disent pour le moment préservés de la crise grâce à des contrats signés sur le long terme avec les grandes maisons du parfum.

Les Niçois, s'ils sortent moins en ces périodes de télétravail et de couvre-feu, conservent toutefois l'envie de sentir bon : 

Continuez-vous à vous parfumer ?

Chez Robertet, l’un des grands noms de l’industrie du parfum implanté à Grasse, il y a 20 nez pour les parfums et 15 aromaticiens qui travaillent pour l'agroalimentaire ou les produits d'hygiène par exemple. Ils ont été préservés du Covid-19. Parmi ces personnels, personne n'a perdu l'odorat. Il faut dire que même sans cette crise sanitaire, les protocoles sont déjà drastiques comme l'explique Julien Maubert, directeur de la division matière première.

Julien Maubert

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