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Économie – Social

A La Rochelle, 3.000 gilets jaunes dans les rues, et encore un final dans la violence

samedi 12 janvier 2019 à 21:08 Par Julien Fleury, France Bleu La Rochelle

Près de 3.000 gilets jaunes ont défilé samedi après-midi à La Rochelle. Un cortège pacifique, encadré pour la première fois par un service d'ordre. Ce qui n'a pas empêché des heurts avec les forces de l'ordre, quand 200 manifestants ont voulu coûte que coûte rejoindre la préfecture.

Près de 3.000 gilets jaunes dans les rues de La Rochelle, bloqués rue de la préfecture par des plots en béton et des barrières
Près de 3.000 gilets jaunes dans les rues de La Rochelle, bloqués rue de la préfecture par des plots en béton et des barrières © Radio France - Julien Fleury

Tirs de flashballs et brouillard de gaz lacrymogènes sur le vieux port. Comme la semaine dernière, la marche des gilets jaunes s'est achevée dans la violence, samedi après-midi à La Rochelle. L'après-midi avait pourtant bien débuté avec une mobilisation en forte hausse par rapport au week-end précédent, comme partout en France : près de 3.000 personnes venues de toute la Charente-Maritime, et même de Vendée et des Deux-Sèvres.

Pour Jacky, venu de Saint-Jean-d'Angély, les dernières déclarations du pouvoir ont joué leur rôle dans ce regain de mobilisation, comme la sortie d'Emmanuel Macron sur le "sens de l'effort": "Qu'il vienne travailler avec les gilets jaunes présents ici, qui se lèvent tous les matins de bonne heure, pour une misère, et après il pourra parler de travail". Sandrine, manifestante rochelaise complète: "Ce qui s'est passé le week-end dernier sur le port de La Rochelle, à se faire gazer gratuitement, avec des femmes et des enfants, ça a énervé pas mal de monde".

De nombreux contrôles de police ont été effectués en amont du rassemblement place de Verdun, notamment sur les parkings autour de La Rochelle, au pied du pont Jean-Moulin ou l'esplanade des Parcs. Casques, lunettes de piscines, masques saisis... même les medics, une vingtaine de secouristes impliqués dans la manifestations, se sont fait saisir du matériel médical. "Ils m'ont pris mon sac" témoigne un jeune medic, "avec à l'intérieur, des bouteilles d'eau, des compresses, du sérum physiologique".

Dans le cortège qui va s'élancer de la place de Verdun, avec pour la première fois quelques drapeaux de la CGT - Radio France
Dans le cortège qui va s'élancer de la place de Verdun, avec pour la première fois quelques drapeaux de la CGT © Radio France - Julien Fleury

La foule est impressionnante lorsqu'elle s'élance vers 14h30 de la place de Verdun. Et en colère. Sifflets nourris au passage devant le commissariat. "Combien de gilets jaunes sont en prison?" interroge Roger, retraité rochefortais. "Il y a des blessés, des prisonniers, des personnes convoquées inutilement. Il faut que ça s'arrête. Nous on veut plus de liberté. Et là ils font tout à fait le contraire." Roger qui reste très mobilisé : "Il faut que Macron comprenne qu'il ne peut pas continuer cette politique de riche, il faudra qu'il pense un peu à la pauvreté."

Sifflets et insultes devant le commissariat. Le service d'ordre s'interpose pour éviter la provocation. Avec succès, pour l'instant... - Radio France
Sifflets et insultes devant le commissariat. Le service d'ordre s'interpose pour éviter la provocation. Avec succès, pour l'instant... © Radio France - Julien Fleury

Pour la première fois les coordinateurs ont mis en place un service d'ordre, qui bientôt ne pèsera pas lourd face aux plus virulents des manifestants, décidés à forcer les barrages de police. "On est vingt, ils sont 2.000" se désole Edu, membre du service d'ordre, à quelques pas de la préfecture, protégée par des plots de béton et des barrières. Alors que la foule gronde, une chaîne humaine tente de calmer les esprits quelques minutes. "Là, il n'y a plus rien à faire", estime Alain Kermarec, gilet jaune oléronnais, posté sur un plot de béton, d'où il tente un appel à la dispersion. "On a fait une marche sans casse, sans agressivité, il faut continuer comme ça. Et on ne veut plus entendre dire qu'on est des casseurs. On est des citoyens en colère. Il va falloir que Macron le comprenne une fois pour toutes."

Les manifestants buttent sur d'impressionnantes barricades mises en place par les autorités aux abords de la préfecture. - Radio France
Les manifestants buttent sur d'impressionnantes barricades mises en place par les autorités aux abords de la préfecture. © Radio France - Julien Fleury
Le service d'ordre de la marche des gilets jaunes tente d'empêcher les manifestants les plus énervés d'aller au contact des forces de l'ordre - Radio France
Le service d'ordre de la marche des gilets jaunes tente d'empêcher les manifestants les plus énervés d'aller au contact des forces de l'ordre © Radio France - Julien Fleury

Peine perdue. Vers 17h, après quelques jets de bouteilles, 200 manifestants se lancent en hurlant, mais sans armes, contre des policiers en civil, place de la Chaîne. Les forces de l'ordre répliquent immédiatement par des gaz lacrymogènes et des tirs de flashballs. "Il y a quelques personnes alcoolisées, comme d'habitude, et c'est eux qui ont mis le feu aux poudres" regrette Jean-Paul, venu de Royan, qui aurait voulu rejoindre lui aussi la préfecture, mais dans le calme. Les gendarmes mobiles entreprennent alors la dispersion, en chargeant les manifestants jusqu'à la place de Verdun. 

Les esprits s'échauffent. Les manifestants s'apprêtent à charger. Gaz lacrymogènes et flashballs suivront immédiatement. - Radio France
Les esprits s'échauffent. Les manifestants s'apprêtent à charger. Gaz lacrymogènes et flashballs suivront immédiatement. © Radio France - Julien Fleury

Samedi en début de soirée, la préfecture de la Charente-Maritime faisait état de 11 interpellations, dont huit gardes à vue. Une personne blessée était recensée, mais les "medics" sont venus au secours de "nombreuses victimes", blessés plus légèrement par des tirs de flashballs, dans les jambes mais aussi à l'épaule. Un photographe de Sud-Ouest a notamment été touché. "Les forces de l'ordre ne respectent pas les consignes, et tirent au dessus de la ceinture" regrette une secouriste, qui dénonce aussi l'utilisation de gaz particulièrement irritants, alors que des enfants se trouvent à proximité. "On va sortir les blessés de là, puis on continuera la lutte" conclut Jean-Paul, le Royannais : "Tant qu'ils ne nous écouteront pas, on continuera."

Alors que le soleil se couche, un brouillard lacrymogène a envahi le vieux port. - Radio France
Alors que le soleil se couche, un brouillard lacrymogène a envahi le vieux port. © Radio France - Julien Fleury