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A La Rochelle, un médecin se met en grève de la faim pour obtenir l'ouverture de lits

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu
La Rochelle, France

Bernard Batéjat, médecin rochelais coordonnateur à l'association Cordia, a décidé d'entamer une grève de la faim ce lundi. Le praticien dénonce le report de l'ouverture de son nouvel établissement, après l'avis défavorable donné par la commission communale de sécurité.

 Le docteur Bernard Batéjat "en a marre". Il a donc décidé de camper dans le parking au rez-de-chaussée de son nouvel établissement, et de faire la grève de la faim pour obtenir son ouverture.
Le docteur Bernard Batéjat "en a marre". Il a donc décidé de camper dans le parking au rez-de-chaussée de son nouvel établissement, et de faire la grève de la faim pour obtenir son ouverture. © Radio France - Julien Fleury

Il est en colère, Bernard Batéjat. Infatigable médecin rochelais, âgé de 72 ans, il a décidé lundi matin d'entamer une grève de la faim, et de passer ses nuits dans un parking, au rez-de-chaussée de sa nouvelle structure. Un immeuble de quatre niveaux construit par l'association Cordia pour accueillir des personnes sans-abri nécessitant des soins. Le bâtiment héberge notamment une nouvelle unité de quinze lits d'accueil médicalisés (LAM, destinés à des patients hospitalisés qui ne peuvent poursuivre leur soins à domicile, faute d'en avoir un). Oui mais voilà, l'ouverture de l'établissement, prévu vendredi, est reporté sans date.

La faute à l'avis défavorable de la commission communale de sécurité. Le rapport, sévère, pointe 19 défaillances, la plupart sans gravité. Mais un point semble compliqué à résoudre : selon les experts en prévention, les couloirs des chambres sont trop étroits de six centimètres, ce qui ne permet pas de sortir les lits en cas d'alerte incendie.

Quand la formation incendie contredit la commission de sécurité

Des reproches très difficiles à avaler pour la quinzaine de salariés, qui ont intégré ces nouveaux locaux en ce lundi matin. L'heure est justement à une formation incendie. On y apprend notamment comment faire sortir d'une chambre un résident cloué dans son lit. "Vous avez vu la facilité avec laquelle on peut placer au sol un patient alité, pour l'évacuer ensuite sur un drap" rappelle l'un des deux formateurs, un pompier rochelais.

Pas besoin de sortir les lits des chambres, constate Claire, infirmière, alors que c'est le principal reproche de la commission de sécurité : "comme on a pu le voir dans cette formation, il y a d'autres moyens pour évacuer les gens. Et parmi les résidents qui seront accueillis ici, il y en a aussi beaucoup qui sont mobiles. Ils pourront se déplacer avec leur deux jambes. Donc c'est assez surréaliste" conclut Claire, qui veut prendre ce faux départ comme une répétition générale.

Mise en cause par la commission de sécurité, la taille des couloirs des chambres, qui ne permettent pas de faire sortir les lits en cas d'alerte. Un argument qui ne convainc par le docteur Batéjat.  - Radio France
Mise en cause par la commission de sécurité, la taille des couloirs des chambres, qui ne permettent pas de faire sortir les lits en cas d'alerte. Un argument qui ne convainc par le docteur Batéjat. © Radio France - Julien Fleury

"Vous imaginez : 15 lits vides alors qu'on a des gens dans la rue"

Le retard à l'allumage exaspère en revanche le médecin coordonnateur de la structure. Bernard Batéjat pense à la quinzaine de résidents sans-abri qui devaient être reçus ce week-end dans le nouveau service de lits d'accueil médicalisés : "Par chance il ne fait pas trop froid, mais vous imaginez ! Nous en ce moment, on a 15 lits vides, alors qu'on a des gens dans la rue. Et donc j'en ai marre, et j'ai dit : moi aussi, je vais aller dans la rue... vous voyez, je vais m'installer là !"

Bernard Batéjat pointe le lit de camp installé dans le parking ouvert à tous les vents, où il a prévu de passer ses nuits, tout en suivant une grève de la faim avec un protocole très précis. La situation n'est pourtant pas insoluble, pour l'élu rochelais Christian Marbach, qui préside la commission communale de sécurité : "Il doit pouvoir y avoir des mesures compensatoires, du type brancard qui passerait dans ce petit couloir de 88 centimètres, et qui prendrait très rapidement les patients alités pour les conduire à l'extérieur."

Un avis consultatif

Christian Marbach qui ajoute : l'avis de la commission n'est que consultatif. "L'association peut très bien décider d'ouvrir quand même son nouvel établissement, en prenant ses responsabilités." Mais le rapport reste en travers de la gorge des salariés. "C'est très étonnant, car les plans avaient été déposés, tout a été accepté, rappelle le médecin Bernard Batéjat. L'ARS est passée et a donné son accord pour l'ouverture. Il ne manquait plus qu'une dernière commission, celles des pompiers. Et elle nous a fait des tonnes de reproches !"

Bernard Batéjat a prévu de poursuivre sa grève de la faim, jusqu'à l'arrivée des premiers résidents. En plus du service LAM, le nouveau bâtiment accueille également des appartements thérapeutiques, et des bureaux administratifs.

Le médecin Bernard Batéjat promet de poursuivre sa grève de la faim, jusqu'à ce qu'un résident soit enfin accueilli dans son établissement. - Radio France
Le médecin Bernard Batéjat promet de poursuivre sa grève de la faim, jusqu'à ce qu'un résident soit enfin accueilli dans son établissement. © Radio France - Julien Fleury
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