Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

A La Rochelle, un projet de supermarché participatif dont les clients seront propriétaires

-
Par , France Bleu La Rochelle

Des clients qui font tourner bénévolement le supermarché dont ils sont propriétaires, en s'occupant aussi bien des commandes que de la caisse : ce concept existe dans une vingtaine de villes françaises, et il débarque à La Rochelle. "Ma-Coop" espère ouvrir dans un an et demi.

80% de bio, du local autant que possible, mais pas d'extrêmisme. "Ce sera au collectif de décider" quoi mettre dans le supermarché, promet l'une des initiatrices du projet, Karine Gillet.
80% de bio, du local autant que possible, mais pas d'extrêmisme. "Ce sera au collectif de décider" quoi mettre dans le supermarché, promet l'une des initiatrices du projet, Karine Gillet. © Radio France - Sophie Auvigne

La Rochelle, France

Proposer des produits de qualité 20 à 40% moins cher que dans le commerce traditionnel. C'est la promesse de "Ma-Coop", projet de supermarché coopératif et participatif, lancé à La Rochelle par une jeune association, qui a déjà réuni plusieurs dizaines d'adhérents au gré de ses réunions publiques. La prochaine se tiendra le 24 mars à la salle Emile-Combes de La Rochelle.

Comment réussir ce pari ? En réduisant les marges au strict minimum. Aucun objectif de profit dans ce projet. Les clients seront les propriétaires, mais aussi les bénévoles appelés à faire tourner le commerce : passer les commandes, mettre les produits en rayon, tenir la caisse, faire la comptabilité... Le concept, né il y a 40 ans aux Etats-Unis, a débarqué il y a quelques années à Paris, décliné depuis dans une vingtaine de villes comme Nantes et Bordeaux. A La Rochelle, les initiateurs espèrent ouvrir leur magasin d'ici un an et demie.

Karine Gillet et François Simon se sont rencontrés il y a quelques mois. Leur espoir : profiter de l'expérience des autres supermarchés participatifs français pour monter le leur en un an et demie. - Radio France
Karine Gillet et François Simon se sont rencontrés il y a quelques mois. Leur espoir : profiter de l'expérience des autres supermarchés participatifs français pour monter le leur en un an et demie. © Radio France - Julien Fleury

Se réconcilier avec les courses

80% de bio, le plus de local possible : c'est l'objectif côté alimentation, mais le supermarché doit aussi permettre d'acheter son papier toilette ou ses produits d'entretien. Bref tout trouver en un même lieu, et arrêter de se casser la tête. C'est ce qui a attiré Vanessa à la réunion d'information organisée dans une salle des fêtes rochelaise, samedi 3 mars. "Faire les courses, ça devient un véritable enfer", avoue Vanessa, très insatisfaite des produits qu'elle achète en supermarché, et même sur les marchés : "On a l'impression de se faire empoisonner tout le temps, quoi qu'on achète. Chez moi, le frigo est souvent vide, au grand désespoir de mes enfants !"

Ce qui attire Eric, c'est l'obligation pour les clients coopérateurs de donner de leur personne, et d'assurer au minimum trois heures par mois de bénévolat. Condition pour baisser les frais et donc les prix du supermarché. "La grande distribution sera toujours prisonnière des marges à réaliser, souligne Eric, il y aura toujours des personnes mal payées pour faire des boulots de chien. Alors que là, on va travailler tous ensemble. Ce n'est pas un service qu'on va prendre chez quelqu'un. On va fabriquer du lien social."

Prendre toutes les décisions en commun, et s'investir bénévolement au moins trois heures par mois : l'idée séduit les déçus de la grande distribution. - Radio France
Prendre toutes les décisions en commun, et s'investir bénévolement au moins trois heures par mois : l'idée séduit les déçus de la grande distribution. © Radio France - Julien Fleury

Vendre du Nutella ou du Coca-Cola ?

Démocratie participative, confirme Karine Gillet, médecin urgentiste rochelaise, l'une des initiatrices du projet avec un ami rencontré il y a quelques mois, François Simon. Les coopérateurs décideront de tout, à commencer par les produits vendus : "Est-ce qu'on veut vendre certains produits, Coca Cola ou Nutella ? Ce sera au collectif de décider" assure Karine Gillet qui ne cache pourtant pas un certain dégoût pour ces deux produits très populaires, mais aux effets négatifs sur la santé publique. "Nous ne sommes extrémistes en rien. Nous ne sommes pas 100% végan, ni 100% biologique, ni 100% local.  On mettra dans ce magasin ce que les gens de La Rochelle ont envie d'y mettre."

L'objectif est tout de même de viser la qualité, avec des arbitrages à réaliser en permanence. "Je préfère un kiwi conventionnel de Charente-Maritime à un kiwi bio importé de Nouvelle-Zélande" explique par exemple Karine Gillet, qui espère attirer des clients habitués à faire leurs courses dans les magasins bio, mais pas seulement. "L'objectif c'est de s'ouvrir à des catégories sociales qui n'ont aujourd'hui pas les moyens d'aller dans ces magasins-là". Des personnes modestes qui peuvent avoir peur de franchir la porte d'un supermarché coopératif. Les attirer sera donc un pari.

Plusieurs dizaines de Rochelais ont déjà adhéré à l'association qui va lancer le projet. "On comprend tout de suite que ça va marcher" se réjouit Florence. - Radio France
Plusieurs dizaines de Rochelais ont déjà adhéré à l'association qui va lancer le projet. "On comprend tout de suite que ça va marcher" se réjouit Florence. © Radio France - Julien Fleury

Premières ventes dès cet automne

A La Rochelle, il reste encore de nombreuses étapes à franchir. La question du local sera notamment cruciale. Karine Gillet et François Simon espèrent trouver un lieu du côté de Laleu-La Pallice, ou dans la première couronne rochelaise, pour être accessible à toute l'agglomération. De premières expérimentations pourraient être tentées dès cet automne, avec des pré-commandes sur certains produits précis. Et pourquoi pas une boutique-test de petite taille pour se roder avant de faire le grand saut.

Pour Florence, qui a déjà participé à plusieurs réunions publiques, c'est un peu un rêve qui se réalise. Elle qui pensait que les supermarchés participatifs n'étaient faits que pour les grandes métropoles: "A la première réunion ils attendaient 20 personnes, et on était 80 ou 100. Donc on comprend tout de suite que ça va marcher !"

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu