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Économie – Social

À Laval, des habitants essaient de trouver une solution aux déserts médicaux

lundi 30 octobre 2017 à 5:02 Par Fabien Burgaud, France Bleu Mayenne

Une réunion publique a eu lieu samedi à Laval, salle du Tertre, pour parler du manque de médecins et de spécialistes en Mayenne. L'association des citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM) a invité élus et citoyens concernés par ce phénomène inquiétant dans notre département.

L'association de citoyens contre les déserts médicaux fête son premier anniversaire. Elle compte déjà une centaine d'adhérents.
L'association de citoyens contre les déserts médicaux fête son premier anniversaire. Elle compte déjà une centaine d'adhérents. © Radio France - Fabien Burgaud

Laval, France

Mayennais d'origine, Pierre-Maxime Rafaud n'a pas tardé à voir ce qu'est un désert médical. Il est médecin urgentiste à l'hôpital de Laval depuis un an. "Des patients appellent le SAMU pour obtenir le renouvellement d'ordonnances, alerte-t-il.En France, en 2017, c'est inadmissible et dramatique".

"Des maisons médicales sans médecins, ça ne sert à rien"

En Mayenne, selon l'association, 10 000 habitants n'ont pas de médecin traitant. Daniel, 75 ans, est inquiet. Il sera bientôt dans ce cas-là. Son médecin traitant depuis 30 ans partira à la fin de l'année. "Pour l'instant, pour les petites choses on arrive à se soigner. Mais pour les trucs les plus graves... Rien ne remplace un médecin qui nous connaît, qui connaît nos faiblesses et nous permet d'anticiper", explique-t-il, calmement.

La réunion tombait, hasard du calendrier, le lendemain de refus de l’amendement du député PS Guillaume Garot à l'Assemblée nationale. Il défendait l'idée d'un conventionnement sélectif, pour doter de médecins les zones sous-dotées en priorité. En clair, que l'Assurance Maladie ne conventionne plus les médecins dans les zones déjà bien pourvues. Même au sein de l'association, la question fait débat.

Le maire de Laval François Zocchetto (1er à gauche) était aussi invité, aux côtés de Maxime Lebigot (3e à gauche), le président de l'ACCDM.  - Radio France
Le maire de Laval François Zocchetto (1er à gauche) était aussi invité, aux côtés de Maxime Lebigot (3e à gauche), le président de l'ACCDM. © Radio France - Fabien Burgaud

Faut-il obliger ou inciter les futurs médecins à venir en Mayenne ? Le président de l'ACCDM, Maxime Lebigot, est pour l'option coercitive. "On voit bien que les élus sont conscients du problème après je pense que c'est une volonté politique aussi de taper du poing sur la table. De dire aux syndicats de médecins, au conseil de l'Ordre 'voilà faut faire quelque chose, il n'y a pas le choix'. D'autres professions ont une régulation d'installation et elles n'en sont pas mortes. On a pu rencontrer plusieurs jeunes médecins qui nous disaient 'si on s'installe dans des zones sous-dotées, on sait qu'on va gagner notre vie donc on n'a pas besoin des aides de 50 000 euros, des déductions fiscales. Donc pour nous les mesures incitatives ne sont pas la solution pour offrir à tous un accès aux soins", affirme-t-il.

Alors que faire pour résorber le phénomène ? "Les plans des gouvernements se suivent, se ressemblent mais ne font pas avancer les choses" entend-on. Dans le plan présenté mi-octobre par le Premier ministre, l'accent est mis notamment sur la multiplication des maisons médicales. "Ça, d'accord, on en a déjà quelques unes qui sont arrivées dans l'agglomération lavalloise depuis un an", argumente Anne-Françoise Guillet, membre de l'association contre les déserts médicaux. On peut citer le centre Henri Dunand à Laval qui réunit douze médecins retraités et deux internes par exemple. "Mais en construire d'autres s'il n'y a pas de médecins à l'intérieur qui veulent venir, ça ne sert à rien !".

Et la télémédecine ? "C'est une avancée, mais on regrette que les Mayenne n'ait pas été un département test. Surtout que la réalité virtuelle est notre spécialité", sourit-elle. Pour elle, comme pour la plupart des participants de la réunion, il faut réguler la répartition et l'installation des médecins : "C'est la seule solution pour réguler le problème" conclut-elle.