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À Laval, les policiers achètent une partie de leur matériel eux-mêmes

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Par , France Bleu Mayenne

À Laval aussi, les policiers nationaux sont épuisés : ils dénoncent leurs conditions de travail et demandent plus de personnels.

Image d'illustration.
Image d'illustration. © Maxppp - GUILLAUME HORCAJUELO

"Il nous faudrait au moins dix policiers de plus à Laval pour que ça fonctionne correctement", estime Emmanuel Lenglumé, le secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale en Mayenne. Le syndicat avait appelé à un mercredi noir, avec un mot d'ordre "fermons les commissariats". 

Le commissariat de Laval a tourné au ralenti

Selon le syndicat Alliance, beaucoup de policiers lavallois ont assuré un service minimum : verbalisation uniquement des infractions graves, et ils n'ont répondu qu'aux appels d'urgence. Ils voulaient montrer leur ras-le-bol.

Qui accepterait de faire des heures supplémentaires sans être payé, de revenir cinq week-ends de suite ?"

"Dès qu'il se passe quelque chose, nous sommes sur le rappel des gens le week-end, qui travaillent déjà toute la semaine. Avec les Gilets Jaunes depuis six semaines, les policiers sont rappelés le samedi, parfois le dimanche, s'agace Emmanuel Lenglumé. Les lycéens se sont mis dans la bataille, donc c'était très compliqué à gérer très tôt le matin. Le marché de Noël, avec les attentats à Strasbourg, nous a demandé plus de surveillance que d'habitude. Des gens qui ne travaillent pas forcément en maintien de l'ordre, qui sont dans le judiciaire ou dans le traitement des affaires, ont été obligés de venir faire du maintien de l'ordre, et tout le monde n'est pas équipé. Les collègues en ont marre et ils veulent une reconnaissance".

L'État doit 274 millions d'euros aux policiers

Pour tenter d'éteindre la colère des policiers, le ministère de l'Intérieur annonce qu'il va mettre en place un "calendrier" pour payer aux policiers leurs heures supplémentaires, l'Etat leur doit au total 274 millions d'euros. Le gouvernement a également proposé une prime de 300 euros aux forces de l'ordre mobilisées face aux "gilets jaunes", pour un coût total de 33 millions d'euros.

Mais ce n'est pas suffisant, selon Emmanuel Lenglumé. Il y a aussi selon lui un gros problème d'équipements pour les policiers à Laval.

"Les visières sont rayées, vous ne voyez pas ce qui va vous arriver sur la figure !"

"On a une équipe qui a du matériel récent, et le reste des fonctionnaires a gardé du vieux matériel, des vieux casques, qui n'ont pas de protection de la nuque, dont les visières sont rayées, on ne voit pas à travers, décrit Emmanuel Lenglumé. On est obligé de baisser la visière, mais vous ne voyez pas ce qui va vous arriver sur la figure parce que vous ne pouvez pas mettre un casque sans visière, sinon ça ne sert pas à grand chose".

"La moitié du personnel qui n'est pas équipé de jambières."

Autre exemple avec le gilet tactique, gilet que les policiers mettent sur leur tenue qui permet d'emporter tout le matériel, pour "mettre des grenades, la radio", et "ces gilets tactiques ne sont toujours pas fournis par administration, donc les collègues les achètent eux-mêmes". 

"Il y a la moitié du personnel qui n'est pas équipé de jambières. On a pu voir le cas à Tours où les collègues ont pris des boules de pétanque, ils ont eu des tibias cassés. On demande, et il faut attendre qu'il y ait des événements graves, pour avoir le matériel ensuite. On fait avec ce qu'on a". 

Le syndicat Alliance demande également aux députés de ne pas voter le budget 2019 pour les forces de sécurité ce jeudi. Un budget qui "subit une baisse de 62 millions d’euros" selon le syndicat, "ce qui engendrera une dégradation des conditions de travail".

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