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Économie – Social

A Niederhausbergen, l'association Vetis recycle vos vêtements

mercredi 31 janvier 2018 à 18:05 Par Maxime Nauche, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass

Chaque année en Europe, quatre millions de tonnes de vêtements partent à la poubelle. Seuls 20% sont recyclés. L'association Vetis apporte sa petite pierre à l'édifice en recyclant 500 tonnes d'habits par an dans l'Eurométropole.

Les salariés de Vétis réparent les vêtements qui peuvent l'être
Les salariés de Vétis réparent les vêtements qui peuvent l'être © Radio France - Maxime Nauche

Niederhausbergen, France

Sur les cinq tonnes de vêtements produits chaque année en Europe, 80% sont jetés et détruits. Pourtant ils peuvent être recyclés et c'est ce que fait l'association Vetis dans le Bas-Rhin à Niederhausbergen.

Les grandes enseignes n'ont pas intérêt à recycler.

Très peu de grandes enseignes recyclent leurs invendus. "Cela leur coûte moins cher de les détruire," explique Patrick Wabnitz directeur de Vetis. Elles sont également très peu nombreuses à donner leurs invendus à des associations. "Elles n'ont pas du tout intérêt à ce qu'un marché parallèle se développe,"  s'exclame Patrick Wabnitz. Parce qu'en effet, l'immense majorité des vêtements collectés par Vetis sont ensuite revendus à des prix très abordables dans un des trois magasins de l'association à Niederhausbergen, Schiltigheim et Strasbourg. 

Chez Vetis 97% des habits ont une seconde vie

Donc ne pouvant pas compter sur les enseignes de prêt-à porter, Vetis s'appuie sur les dons de particuliers. Il existe 80 conteneurs dans l'Eurométropole dans lesquels chacun peut aller déposer les habits qu'il ne veut plus. Ensuite, l'association les collecte et les amène à son local de Niederhausbergen. Les vêtements vont alors à l'atelier de couture pour être réparés si besoin. Seulement après ils peuvent être revendus. Si les habits sont vraiment trop abîmés, ils sont envoyés dans une usine en Tunisie où ils sont transformés en différents matériaux, notamment d'isolation. "Aucune entreprise ne fait ça en France," regrette Patrick Wabnitz, "ce n'est pas assez lucratif." 

30 salariés en insertion professionnelle

En plus de donner aux vêtements une seconde vie, Vetis a une vocation sociale. L'association emploie une trentaine de personnes en insertion professionnelle. Lilite, par exemple, est arrivée d'Arménie il y a un an. Elle s'occupe de la vente dans les magasins de l'association : "Cela me permet d'apprendre le français et de me former. Plus tard j'aimerais bien travailler chez Zara ou H&M." Au bout de deux ans passés chez Vetis, 50% des salariés trouvent un emploi dans une entreprise. 

C'est Fabyenne Massenya qui accompagne les salariés de Vetis dans leurs démarches au près des entreprises, notamment de prêt-à-porter. _"Ce n'est pas facile, certains employeurs nous disent qu'ils n'ont pas le temps pour ces choses là,"déplore l'ancienne responsable de magasin. "Mais en expliquant bien les choses on y arrive quand même, heureusement certaines personnes comprennent notre démarche."_ Une démarche unique à l'heure actuelle en Alsace. Mais même en habitant à l'extérieur de l'Eurométropole, il est possible de donner ses vêtements à la Croix-Rouge ou à Emmaüs. S'ils ont besoin d'être réparés, les associations les enverront à Vetis. 

Le recyclage de vêtements fait du bruit même jusque dans les instances européennes. Mardi, l'eurodéputé socialiste Marc Tarabella a demandé à la Commission européenne de, notamment, faire en sorte qu'il y ait plus de lieux de collecte de vêtements.