Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

A Paris, le personnel des hôpitaux psychiatriques s’oppose à un projet de fusion

lundi 10 septembre 2018 à 19:37 Par Hugo Charpentier, France Bleu Paris

Le personnel de soins s'oppose à la fusion des trois hôpitaux psychiatriques de la capitale : l’hôpital Maison Blanche, Perray-Vaucluse et Sainte-Anne. À compter du 1er janvier prochain ces établissements vont donner naissance à une seule et même entité : le Groupe Hospitalier Universitaire (GHU).

Une partie des salariés s'opposent à la fusion des trois hopitaux parisiens
Une partie des salariés s'opposent à la fusion des trois hopitaux parisiens © Radio France - Hugo Charpentier

Paris, France

A Paris, le personnel des hôpitaux psychiatriques est en colère. Dans les allées de l'hôpital Sainte-Anne, impossible de louper les banderoles, elles sont partout. Écrits en gros : "hôpital à bout de souffle"ou encore "personnels méprisés". Les 5.000 salariés des hôpitaux parisiens sont au bout du rouleau : exténués et donc désormais... inquiets.  En ligne de mire, les conséquences sociales de la future fusion de leurs établissements, et notamment la perte "d'une dizaine de jours de repos" selon les syndicats, alors que les salariés se disent déjà "épuisés". 

Une banderole à l'hôpital Sainte-Anne - Radio France
Une banderole à l'hôpital Sainte-Anne © Radio France - Hugo Charpentier

Alors que les négociations sont toujours en cours entre l'intersyndicale et la future direction du GHU, cette perspective provoque le ras-le-bol du personnel alors que plus de 130 postes sont vacants dans les hôpitaux parisiens. Julie est infirmière en secteur psychiatrique depuis onze ans et elle s'occupe en ce moment de "vingt patients pour seulement deux infirmières par roulement". Dans ces conditions, son travail se résume aux soins à donner aux patients. Et encore. Tout est cadré, les tâches sont minutées : "Rien qu'une aide à la toilette ça peut prendre une bonne demie-heure et on nous demande de les faire en huit minutes. On ne peut pas demander à un schizophrène de se laver comme nous ! On a l'impression de faire du boulot de merde." 

On a l'impression de faire du boulot de merde

Sa collègue, Michelle,  bosse depuis plus de trente ans en psychiatrie. Et aujourd'hui elle l'impression d'avoir perdu le sens de son métier : "Avant on avait le temps de faire des prises en charge. Quand j'étais jeune, j'avais suivi un patient pendant cinq ans pour qu'il puisse sortir de l’hôpital dans de bonnes conditions. Aujourd'hui ce n'est plus possible". 

C'est même tout le contraire explique Bernard Bruant, responsable CGT à l’hôpital Sainte-Anne : "Maintenant les patients sortent beaucoup plus rapidement de l’hôpital. Ils restent au maximum deux à trois semaines. La psychiatrie n'est pas une discipline comme les autres. Il y aura toujours besoin de personnels dans les hôpitaux avec des gens réellement formés qui assurent le boulot". Et à ce syndicaliste de rappeler que la base de la psychiatrie n'est pas le médicament,  mais "l'écoute", "l'accompagnement", et "le soutien" envers les malades.

Joint par France Bleu Paris, le futur Groupement Hospitalier Universitaire n'a pas donné suite à nos sollicitations. Dans un communiqué, la direction rappelle simplement que  le dialogue social avec les représentants du personnel des trois établissements se poursuit en vue d’aboutir à un accord "équitable" et "au service des usagers parisiens."