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Économie - Social

A peine 500 gilets jaunes mobilisés en Charente et Charente-Maritime pour le premier anniversaire du mouvement

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Par , France Bleu La Rochelle

Il y a un an, le 17 novembre 2018, 10.000 gilets jaunes se mobilisaient en Charente et Charente-Maritime. Ce temps semble désormais bien loin. Ils étaient à peine 500 à manifester pour le premier anniversaire du mouvement, selon les forces de l'ordre.

"Rond-point des gilets jaunes"
"Rond-point des gilets jaunes" © Radio France - Sonia Ghobri

Charente-Maritime, France

Ils attendaient plus de monde à la fête. Ce samedi, à peine 500 gilets jaunes se sont mobilisés en Charente (240) et Charente-Maritime (210), pour le premier anniversaire du mouvement, contre 10.000 il y a un an, selon les forces de l'ordre.

Vingt fois moins nombreux, les manifestants ont donc tenté de raviver la flamme en réinvestissant les ronds-points à Soyaux, Cognac ou Angoulême pour la Charente ; à Saint-Jean-d'Angély, Saintes, Royan, Rochefort ou encore La Rochelle pour la Charente-Maritime. 

Pas d'incident en Charente et Charente-Maritime 

Les barrages filtrants ont occasionné de légères perturbations : quelques ralentissements sur les routes. Au rond-point de Girac à Angoulême les policiers ont demandé à des manifestants d'éteindre un feu de palettes, ce qui a provoqué un moment de tension. Mais aucun incident majeur n'a été signalé dans nos deux départements. 

Les manifestations se sont globalement bien déroulées dans plusieurs villes ailleurs en France. En revanche, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre à Lyon ou à Paris. 

Barrage filtrant à l'entrée du centre commercial Beaulieu à La Rochelle  - Radio France
Barrage filtrant à l'entrée du centre commercial Beaulieu à La Rochelle © Radio France - Julien Fleury

A La Rochelle, une soixantaine de gilets jaunes sont partis de la place de Verdun, à 14 heures, jusqu'au rond-point devant le centre commercial Beaulieu. Ils n'ont pas scandé de slogan, ils ont défilé dans le calme. Beaucoup d'entre eux ne portaient pas de gilet jaune, craignant d'être verbalisé. "Certains ont pris une amende de 135 euros parce qu'ils portaient un gilet jaune", explique Thierry. En réalité, les forces de l'ordre peuvent verbaliser une personne qui participe à une manifestation interdite. Le montant de l'amende est passé de 38 à 135 euros depuis le 21 mars, date de la publication du décret au Journal officiel

Le gilet jaune c'était un symbole d'unité au départ mais peut-être que ce symbole à perdu de sa force

Thomas a également décidé de ne plus porter le gilet jaune : "il m'est déjà arrivé de me faire arrêter par la police, qu'on prenne toutes mes affaires avant même d'arriver à une manifestation parce que je portais un gilet jaune. A La Rochelle où pourtant les manifestations ne sont pas très musclées. Puis, je considère que le gilet jaune c'était un symbole d'unité au départ mais peut-être que ce symbole à perdu de sa force". Un point de vue que partage Florence. _"_Le mouvement s'est émietté : aujourd'hui les pompiers ont leurs revendications, les soignants ont leurs revendications, les retraités, les étudiants ... Mais au fond ce sont les mêmes, celles qui nous ont unis avec le gilet jaune jusqu'en juin environ. Tous ces gens-là réunis refont les gilets jaunes"

Cette graphiste âgée de 55 ans a passé une bonne partie de la journée au rond-point situé près de la piscine Lucien Maylin, comme tous les samedis depuis le début du mouvement. "On reste là si les gens veulent s'arrêter et discuter avec nous. En tout cas, on ne lâchera rien, on ne va pas se laisser faire!" 

Aujourd'hui, il y en a quelques-uns que j'avais pas vu depuis longtemps

Florence y croise régulièrement Jocelyne. La mère au foyer a distribué des tracts dans le cortège pour dénoncer "la vie chère" ou encore "la destruction des services publics". Elle est partagé entre plusieurs sentiments : colère, déception et espoir.
Jocelyne fait partie des "irréductibles" à se mobiliser encore samedi après samedi "aujourd'hui, il y en a quelques-uns que j'avais pas vus depuis longtemps. Je vois de nouvelles têtes, je ne les ai peut-être pas repérées avant. Mais bon ce n'est pas comme au début ... mais c'est difficile de fédérer, quand on lance des appels on est 'trois pelés et un tondu' ... toujours les mêmes", s'agace-t-elle. 

"On est un peu ridicule. C'est le regard que je porte sur moi. Mais tout en ayant la foi, la croyance, le désir de continuer parce que nous n'avons rien obtenu. Rien. Que des miettes!"

Cela désole aussi Sophie mais elle comprend ceux qui ont cessé de se mobiliser : "l'épuisement, la démotivation la peur de se faire gazer, de prendre des coups. On réfléchit à deux fois avant de venir ... Bien sûr, les casseurs donnent aussi une mauvaise image aussi des gilets jaunes". Mais Sophie tient à manifester. Selon elle, les mesures prises par le gouvernement sont insuffisantes. "Les primes Macron, les petites entreprises n'ont pas pu les verser. _Pour beaucoup, rien n'a changé depuis un an_". 

Même constat pour Huguette,une enseignante à la retraite. "On est un peu ridicule. C'est le regard que je porte sur moi. Mais tout en ayant la foi, la croyance, le désir de continuer parce que nous n'avons rien obtenu. Rien. Que des miettes!" 

Ils sont où les 17 milliards ? J'ai rien vu moi. Les mots ça ne nourrit pas !  

Les mesures prises pour tenter de calmer la crise des gilets jaunes ont coûté 17 milliards d'euros. Des mesures destinées à donner plus de pouvoir d'achat. La plupart d'entre elles ont été annoncées en décembre dernier par le président de la République Emmanuel Macron : augmentation de la prime d'activité; suppression de la hausse de la CSG pour les retraités aux revenus modestes, annulation de la hausse prévue de la taxe carbone ... 

"Ils sont où les 17 milliards ? Je n'ai rien vu moi !" Jocelyne

Mais Jocelyne estime ne pas en avoir vu les effets : "On nous prend en photo, on nous filme comme si on était dans un zoo à ciel ouvert. Les gens se demandent mais qu'est-ce qu'ils font là, on leur a donné 17 milliards ? Mais ils sont où les 17 milliards ? J'ai rien vu moi. Les mots ça ne nourrit pas !" 

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