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Économie – Social

"On n'a personne" : les commerçants, victimes collatérales de la grève à la SNCF

lundi 23 avril 2018 à 5:29 Par Lisa Guyenne, France Bleu Auxerre

Ce lundi, la grève des cheminots reprend pour la cinquième fois. Une nouvelle vague de galère pour les usagers... mais pas seulement. A bientôt un mois du début de la grève. les effets se font ressentir chez les commerçants de la gare d'Auxerre.

La terrasse de l'Orient Express, juste en face de la gare, est déserte
La terrasse de l'Orient Express, juste en face de la gare, est déserte © Radio France - Lisa Guyenne

Auxerre, France

Un comptoir désert, une grande terrasse vide malgré les beaux jours : Annie Guyot est désemparée. "On a personne. D'habitude il y a des touristes, mais là, personne." La patronne du café-bar L'Orient Express, situé juste en face de la gare, est quasiment au chômage technique. "J'ai fait 15 cafés ce matin. Habituellement, j'en fait 5 à 6 fois plus. C'est énorme, on est vraiment très très mal", soupire-t-elle. 

"On perd 70 % de chiffres d'affaires"

Même constat à l'intérieur de la gare, pour Laura et Bill, qui tiennent la buvette du hall. "On perd 70 % de chiffre d'affaires les jours de grève", déplore Laura. "_D'ailleurs, en ce moment, je ne travaille que le matin, tellement il y a peu de monde." "_Tous les trois jours, c'est désert", renchérit Bill. 

Comment alors occuper ses journées lorsqu'elles sont si longues ? "On s'ennuie, on se demande ce que ça va donner dans la durée. Le moral en prend un coup", explique Laura. "Parce qu'on vend rien, donc on jette des produits." "Et on ne peut pas casser nos prix, ça ne sert à rien, il n'y a pas de passage de toutes façons" regrette Bill.

Et il n'y a pas que la restauration qui pâtit de la désertification de la gare. Sur le parvis, Didier, chauffeur de taxi, attend désespérément d'improbables passagers. "Notre activité a nettement baissé, je dirais 80 % de moins ! Et même les jours de grève, j'ai l'impression qu'il y a moins de monde..." Une baisse du nombre de voyageurs en gare, peut-être lié à l'augmentation du covoiturage et des modes de transport alternatifs.

Quelles solutions pour les commerçants ?

Bill et Laura veulent rester optimistes : "Les cheminots ont leurs problèmes, nous on a les nôtres, ça va mal en ce moment mais on s'aide et on se soutient tous les deux, c'est le principal." Annie Guyot, de l'Orient Express, est plus pessimiste : "Si ça continue, je ne sais pas comment je vais faire. Peut-être mettre la clé sous la porte."

Didier, le chauffeur de taxi, s'en sort mieux : "Les voyageurs en gare, heureusement, ce n'est pas mon revenu principal. L'essentiel, c'est le médical, les transports de personnes vers Paris ou Dijon." En tout cas, chacun va devoir prendre son mal en patience. La grève devrait durer au moins jusqu'en juin.