Économie – Social

Abattoirs AIM : ouverture d'une enquête préliminaire

France Bleu Armorique, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin mercredi 25 février 2015 à 12:34

Une manifestation des salariés des abattoirs AIM début janvier à Coutances (Manche).
Une manifestation des salariés des abattoirs AIM début janvier à Coutances (Manche). © MaxPPP

Une enquête préliminaire va être ouverte dans la Manche après les déboires des abattoirs AIM et les menaces qui pèsent sur les 400 emplois de l'abattoir de Sainte Cécile près de Villedieu-les-Poêles. C'est ce qu'a annoncé le procureur de la République de Coutances.

Une enquête préliminaire va être ouverte dans la Manche après les déboires des abattoirs AIM et les menaces qui pèsent sur les 400 emplois de l'abattoir de Sainte Cécile près de Villedieu-les-Poêles. Hier (mardi), près de 200 salariés d'AIM ont manifesté à Saint-Ebremond-de-Bonfossé près de Saint-Lô. Ils s'en sont pris au siège de la coopérative Cap 50. Le principal actionnaire et fournisseur de l'abattoir est accusé par les 400 employés du site d'être leur fossoyeur. Une affaire qui pourrait, à terme, se déplacer sur le terrain judiciaire.

"Cap 50 nous a saignés ". Des banderoles accrochées aux grilles du siège de la coopérative. Sur les fenêtres du batiment le mot "voleurs " inscrit en lettres rouges. Les salariés d'AIM ont allumé des fumigènes, lancé des œufs, planté des croix blanches. Bref, ils sont venus crier leur colère alors que leur abattoir est désormais plus que jamais menacé.

Des animaux vendus trop cher ?

Si Cap 50 a été la cible des manifestants c'est parce que "les AIM " sont persuadés que cette coopérative d'éleveurs de porcs, leur principal fournisseur et actionnaire, est à l'origine de tous leur maux. Des "animaux vendus trop cher à AIM ". Ce qui ferait fuir les repreneurs disent les salariés qui ont saisi le procureur de Coutances pour des faits pouvant relever, dit leur avocate, "d'abus de biens sociaux ".

Cap 50 est accusée d'avoir fait perdre 22 millions d'euros en quatre ans à AIM. Des salariés qui affirment également que les éleveurs auraient empoché des subventions publiques au détriment des abattoirs industriels de la Manche. Le procureur de la République de Coutances a annoncé mardi soir qu'une enquête préliminaire allait être ouverte sur le sujet mais que la priorité aujourd'hui est de trouver une solution pour sauver les 400 emplois menacés.

"Tout n'est pas perdu" - Vincent Varin, président de Cap 50

Interrogé par France Bleu Cotentin , le président de Cap 50, Vincent Varin assure qu'il comprend "l'énervement des salariés " et que "tout n'est pas perdu ". Pour lui, "il faut absolument qu'on arrive à préserver à mieux l'économie porcine régionale. " Quant aux reproches qui sont adressés à la coopérative qu'il dirige, il affirme : "Nous avons tout fait pour faciliter les reprises. "

Vincent Varin, président de Cap 50 : "Tout n'est pas perdu."

Les abattoirs AIM emploient près de 600 personnes dans le grand ouest de la France. Les repreneurs ont jusqu'au 6 mars pour présenter des offres de reprise. 

Les salariés d'AIM, mécontents, encadrent le président de Cap 50, un des principaux actionnaires des abattoirs (le 19 février).  - Radio France
Les salariés d'AIM, mécontents, encadrent le président de Cap 50, un des principaux actionnaires des abattoirs (le 19 février). © Radio France

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