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Économie - Social

Prix de la viande : pas d'avancées après une table-ronde à la préfecture de la Manche

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Par , , France Bleu Cotentin

Le préfet de la Manche a rassemblé les acteurs de la filière bovine ce jeudi 12 décembre : agriculteurs, grande distribution et abattoirs. Une manière d'engager la discussion après le blocage de l'abattoir Socopa de Coutances quinze jours auparavant.

Une table ronde s'est déroulée à Saint-Lô jeudi 12 décembre. Elle a rassemblé des agriculteurs, des politiques et des acteurs de la grande distribution.
Une table ronde s'est déroulée à Saint-Lô jeudi 12 décembre. Elle a rassemblé des agriculteurs, des politiques et des acteurs de la grande distribution. © Radio France - Linda Achour

Saint-Lô, France

Suite au blocage de l'entrée de l'abattoir Socopa-Bigard à Coutances fin novembre par les agriculteurs syndiqués FDSEA et Jeunes agriculteurs (JA), le préfet de la Manche, Gérard Gavory a souhaité organiser une table ronde jeudi 12 décembre. Les producteurs de lait et de viande bovine sont en colère. Ils réclament une revalorisation d’urgence des prix d’achat des animaux.

Un dialogue de sourds

Ils étaient vingt-quatre autour de la table : des élus, plusieurs syndicats agricoles mais aussi le directeur d'un centre Leclerc et celui de l'abattoir de Coutances. La région était représentée par Madame Christiane Vulvert, aux côtés du président de la Chambre d'agriculture. 

Les intervenants s'expriment à tour de rôle, mais parviennent difficilement à être dans l'échange. Les arguments des autres acteurs de la filière sont balayés par les éleveurs. 

"Le monde agricole s'effondre. Il y a des suicides chez les agriculteurs, vous le savez ça?" s'exaspère Wilfried Leger de la Confédération Paysanne, après trois heures d'échange. Trouver des solutions : c'était l'enjeu principal de cette réunion à la préfecture de Saint-Lô. Les agriculteurs en ressortent amers. 

L'un d'eux, Thibaut Giraud, des JA raconte : "je perds 2000 euros par lot de vaches, je suis obligé de travailler à côté alors que j'ai une exploitation de quatre-vingts hectares"

"On est la bête noire des éleveurs, on est la bête noire des GMS"

Face à lui, le directeur de l'abattoir Socopa, Mickaël Canu parle aussi de ses difficultés.  "Quand on achète une viande, c'est compliqué de revendre toutes les parties... certaines se retrouvent en Italie, en Allemagne... On est la bête noire des éleveurs, on est la bête noire des GMS (Grandes et moyennes surfaces, ndlr)".  

Côté distribution, Pascal Robert, directeur du Leclerc de Tourlaville, considère qu'il travaille de manière "responsable" : "le vrai patron, c'est le consommateur".

La loi EGAlim n'est pas à la hauteur

Le consultant en stratégie des filières alimentaires et maître de conférences, Olivier Mevel, a fait le point sur les conséquences liées à l'application de la loi EGAlim. 

Un an après l'application de cette loi, censée équilibrer les relations commerciales dans le secteur agricole (prise en compte des indicateurs de prix de revient dans la construction du prix...), la structure du marché, qui permet à quatre grandes centrales d'achat d'être en position de force face à 2500 coopératives agricoles, est toujours un problème. 

Comment mieux rémunérer les agriculteurs ?

Faut-il retirer aux acheteurs le pouvoir de négociation, comme le propose le chercheur ? Cela permettrait aux agriculteurs de fixer leur prix. Pour le député de la Manche, Stéphane Travert, il n'en est pas question. 

"La négociation appartient à la filière, à toute la chaîne.  Aujourd'hui, la filière doit se mettre au travail pour définir les indicateurs de coûts de production. Ils permettront de déterminer des prix qui ne seront pas en deçà des coûts de production des éleveurs, explique l'ancien ministre de l'Agriculture. C'est comme ça que nous allons nous en sortir."

Un chantier au long cours. "Ils ont le temps, soupire Thibaut Giraud, des JA. Mais quand on va dans les exploitations, les charges et la banque, elles n'attendent pas.

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