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Aides à domicile, assistantes maternelles, animatrices: deux députés veulent revaloriser les métiers "du lien"

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Par , France Bleu

Deux députés présentent un rapport sur les métiers "du lien" ce mercredi à l'Assemblée nationale : François Ruffin, de La France insoumise et Bruno Bonnelle, de LREM, appellent à améliorer les salaires et les conditions de travail de ces emplois, très majoritairement occupés par des femmes.

Les auxiliaires de vie, essentielles mais très mal rémunérées.
Les auxiliaires de vie, essentielles mais très mal rémunérées. © Maxppp - Darek SZUSTER

Des métiers essentiels, mais mal payés, précaires, avec des horaires de travail découpés ou décalés, et peu valorisés par la société. Les aides à domicile, assistantes maternelles, animatrices en maison de retraite ou périscolaires, accompagnantes d'enfant en situation de handicap, des métiers très majoritairement exercés par des femmes, ont montré qu'elles étaient indispensables pendant la crise du coronavirus. Deux députés appellent à revaloriser leurs salaires, mais aussi leurs conditions de travail dans un rapport présenté à l'Assemblée nationale ce mercredi. 

43 propositions pour améliorer les conditions de travail et l'image de ces métiers 

Bruno Bonnell, de La République en marche et François Ruffin, de La France insoumise, tous les deux auteurs du rapport, émettent 43 propositions pour améliorer les conditions de travail et l'image de ces métiers "du lien" dans la société.

Dans ce texte, consulté par l'AFP, les députés, aux positions souvent divergentes, appellent à une forte revalorisation salariale pour "les métiers qui permettent de tisser du lien du berceau à la tombe". Ils ont en commun "d'être essentiels au vivre-ensemble mais d'être, paradoxalement, fortement précarisés", écrivent-ils, alors qu'ils pourraient représenter deux millions d'emploi d'ici 2040.

Salaires "extrêmement faibles", journées de travail coupées, temps partiel subi...

Comptage des heures complexe, fragmentation des journées de travail, temps partiels subis : "les rémunérations y sont extrêmement faibles, les formations continues insuffisantes et les conditions de travail très souvent pénibles, tant sur le plan physique que psychique", poursuivent les deux députés.

L'absence de revenu suffisant et de vrai statut s'explique par la grande tolérance de la société à la précarité de ces métiers, très majoritairement exercés par des femmes

"L'absence de revenu suffisant et de vrai statut s'explique par la grande tolérance de la société à la précarité de ces métiers : cette tolérance vient du fait qu'ils sont très majoritairement exercés par des femmes, identifiés comme proches de la sphère domestique et très peu techniques", ajoutent Bruno Bonnell et François Ruffin.

Plus d'heures, un vrai statut et des déplacements mieux rémunérés pour les aides à domicile

Pour rendre ces métiers plus attractifs, ils proposent par exemple pour les aides à domicile de mieux rémunérer les déplacements et de fixer un minimum d'une heure d'intervention à domicile pour les publics fragiles. Après la polémique sur leur manque d'équipements au début de l'épidémie, ils plaident en outre pour qu'elles soient "inscrites dans les répertoires nationaux des professions de santé" et qu'elles aient "le même niveau de priorité pour l'accès au matériel de protection, et la possibilité de disposer d'une carte professionnelle et d'un macaron professionnel pour leur véhicule".

Plus d'enfants pour les assistantes maternelles

Pour les assistantes maternelles, qui gardent des enfants chez elles, ils souhaiteraient permettre à un plus grand nombre de travailler avec quatre agréments, c'est-à-dire de pouvoir garder quatre enfants, et un doublement de leur formation initiale pour offrir plus de perspectives.

Un statut de fonctionnaire pour les accompagnantes d'enfants handicapés et les animatrices périscolaires

Pour les accompagnantes d'enfant en situation de handicap (AESH) et les animatrices du temps périscolaire, là encore très souvent des femmes, ils réclament de revoir la grille indiciaire et de leur permettre un statut "plus protecteur", en les intégrant à la fonction publique territoriale ou à la fonction publique d'État.

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