Économie – Social

Air France : appel à la grève le 5 octobre pour la défense de l'emploi

Par Samanta E. Eyoum, France Bleu jeudi 17 septembre 2015 à 18:50

© Max PPP

Un pré-avis de grève est annoncée par les syndicats d’Air France, (CGT et FO) afin de protester contre un possible plan massif de licenciement, informent des sources syndicales.

Ce jeudi, les syndicats CGT et FO d'Air France ont décidé de lancer un appel à la grève le 5 octobre. Cette grève, annoncée comme "dure", vise à lutter contre le possible plan de licenciements massifs prévu par Air France.

Mehdi Kemoune (CGT) a déclaré à L'AFP, que cette grève "couvre tout le monde" , bien qu'elle concerne principalement le personnel au sol. En effet, pour le moment, aucun syndicats de pilotes ou de personnels navigants n'ont encore appeler à la grève.

 Le 4 septembre, Air France a annoncé aux représentants du personnel qu'elle pourrait avoir à réduire de 10% son réseau long-courrier d'ici 2017, entraînant des suppressions de postes, dont des licenciements secs, si elle ne parvient pas à un accord avec les navigants d'ici la fin du mois.

Plan B

La direction s'est fixée un calendrier soutenu de réunions de négociations avec les hôtesses, stewards et pilotes en prévision des conseils d'administration du groupe Air France-KLM le 1er octobre et d'Air France le 2 octobre, afin d'éviter la mise en pratique de ce "Plan B". Le secrétaire général de la CFE-CGC d'Air France (premier syndicat de la compagnie),  Ronald Noirot, a dit avoir pour "feuille de route" de n'accepter ni licenciements, ni baisses de salaires et de s'assurer que toute mesure sera transparente et équitable.

"Si la direction devait annoncer une phase de licenciements lourde, comme on s'y attend, ce serait une véritable déclaration de guerre" >  -Ronald Noirot à Reuters 

Solution radicale

Un comité central d'entreprise (CCE) d'Air France doit se tenir le 5 octobre, trois jours après un conseil d'administration qui pourrait décider d'un plan social touchant "entre 5.000 et 8.000 postes", toutes catégories de personnel confondues, a indiqué M. Kemoune. À cette annonce, le secrétaire (CGT) du CCE, Didier Fauvette, réplique "Face à cette menace, il n'est pas question qu'on laisse faire la direction, il s'agit de lui donner un avertissement".

Selon un analyste de Liberum, Gerald Khoo, la solution devra forcément être radicale si Air France veut améliorer sa productivité et baisser ses coûts salariaux, son premier poste de dépenses. Il soutient qu'en essayant de protéger un réseau plus large, tout ce que l'entreprise parvient à faire, c'est perdre de l'argent.

La direction a fait savoir qu'elle procéderait bien à une réduction de son effectif si les négociations en venaient à échouer.

Hormis la CFE-CGC et la CFDT, plusieurs syndicats d'Air France, ont ainsi demandé mardi à être reçus par le Premier ministre Manuel Valls, à qui ils réclament une révision de la politique gouvernementale en matière de transport aérien.