Économie – Social

Air France : les syndicats demandent la levée des plaintes contre des salariés

Par Julien Baldacchino, France Bleu mercredi 14 octobre 2015 à 8:26 Mis à jour le mercredi 14 octobre 2015 à 11:25

Un rassemblement de soutien aux salariés interpellés, mardi à Roissy
Un rassemblement de soutien aux salariés interpellés, mardi à Roissy © Maxppp

Une douzaine de syndicats d'Air France ont exigé mardi la levée des poursuites engagées par la direction contre des salariés, qui seront jugés le 2 décembre prochain pour "violences aggravées". Ils appellent à une journée de mobilisation le 22 octobre.

Les syndicats d'Air France sont révoltés, après que cinq salariés de l'entreprise ont été déférés devant le parquet en vue d'un jugement au tribunal correctionnel le 2 décembre prochain, suite aux incidents qui ont éclaté lors du dernier Comité central d'Entreprise du groupe. Une intersyndicale formée de 12 organisations représentatives des personnels au sol (CGT, FO, Unsa aérien), des hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa PNC, UNAC) et des pilotes (SNPL et SPAF) appelle à une journée de mobilisation, le 22 octobre. 

"Un autre avenir pour Air France".

Dans un communiqué conjoint, ces syndicats exigent "la levée des poursuites et des procédures disciplinaires engagées contre tous les salariés" impliqués dans les incidents du CCE, au cours duquel deux membres de la direction avaient été molestés avant de fuir, la chemise arrachée, devant les caméras. D'autant plus qu'en plus des poursuites pénales (dix plaintes en tout ont été déposées), une enquête interne pourrait aboutir à des licenciements, a prévenu la direction d'Air France.

"Les conditions de leur arrestation apparaissent plus proches de celles employées pour interpeller de potentiels terroristes que des salariés désespérés", expliquent les syndicats. Depuis l'arrestation de ces salariés lundi matin, une vague d'indignation a résonné dans les rangs de la gauche. "C'est une honte", a déclaré Jean-Luc Mélenchon, visiblement très énervé, sur BFMTV, alors que l'ancienne ministre Cécile Duflot dénonce des méthodes "d'humiliation".

François Hollande plaide pour le "dialogue"

Accusé par les syndicats de ne "pas dénoncer la violence patronale", François Hollande a réagi lors de son déplacement mardi sur les chantiers navals de Saint-Nazaire. Pris à partie par un homme qui a refusé de lui serrer la main, il a dénoncé, sans jamais citer directement Air France, "la brutalité, pas simplement dans les mouvements, mais aussi celle d'un certain nombre de décisions qui peuvent être celles des patrons"