Économie – Social

Air France confirme 1.000 suppressions de poste en 2016, plusieurs milliers de salariés dans la rue

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 22 octobre 2015 à 11:02

La mobilisation des syndicats se poursuit à Air France
La mobilisation des syndicats se poursuit à Air France © Maxppp

La direction d'Air France a confirmé jeudi vouloir supprimer un millier d'emplois en 2016 par des départs volontaires, durant le premier comité central d'entreprise depuis les violences du 5 octobre. Des milliers de salariés ont manifesté contre le plan de restructuration à Paris.

Les dirigeants d'Air France ont fait escale dans le 16e arrondissement de Paris ce jeudi, pour un comité central d'entreprise délocalisé dans un hôtel particulier. Une mesure de sécurité, pour ce premier CCE depuis celui du 5 octobre marqué par des violences ayant entraîné des interpellations. En parallèle, les salariés ont manifesté par milliers devant l'Assemblée nationale et par centaines en région, pour protester contre les suppressions d'emploi prévues dans le plan de restructuration de la compagnie aérienne. 

Départs volontaires, sans précision des secteurs concernés

"Les seuls départs que nous envisageons pour 2016, ce sont des départs volontaires et pour 1.000 postes", a déclaré le PDG d'Air France Frédéric Gagey à la presse. Mais la direction est "incapable de dire dans quels secteurs ils seront supprimés", a immédiatement regretté Didier Fauverte, secrétaire (CGT) du CCE. Direction et syndicats ont échoué à s'entendre sur le plan de développement "Perform 2020", qui prévoit de faire voler le personnel une centaine d'heures de plus par an, à salaire égal. Le 5 octobre, la compagnie a présenté un plan de "restructuration" menaçant 2.900 postes en 2016 et 2017. L'annonce a été suivie par l'agression de deux dirigeants, obligés de fuir des manifestants, chemises en lambeaux. 

Le rôle de l'État toujours en suspens

Air France a depuis fait savoir qu'il était possible "d'éviter" la deuxième phase du plan, la plus douloureuse. Les 1.900 postes menacés en 2017 sont "suspendus au fait de trouver des accords avec les pilotes et les personnels au sol pour gagner en productivité", selon M. Fauverte. Pendant la tenue du CCE, plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées à Paris et des centaines en région pour le maintien de l'emploi et en soutien "aux inculpés". "On a une entreprise qui va renouer avec les bénéfices (en 2015) et qui poursuit un plan de diminution d'emplois", a lancé Alexandre, un pilote du syndicat Spaf venu manifester en uniforme aux abords de l'Assemblée nationale. 

A l'entame de la séance, les syndicats ont voté "à l'unanimité" le déclenchement d'un droit d'alerte, missionnant un cabinet d'experts pour interroger Air France "sur la stratégie, le plan de développement et l'emploi", selon Miguel Fortea (CGT). L'ensemble des syndicats appelle l'Etat, actionnaire à plus de 17%, à se saisir du dossier. Ils lui reprochent l'augmentation récente des redevances aéroportuaires, au détriment d'Air France, et l'octroi de droits de trafic en région aux compagnies concurrentes, notamment du Golfe. "La nécessité d'un État stratège, d'un État régulateur, c'est ce que nous portons en tant que parlementaires", a déclaré jeudi le député (PS) de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg, à l'origine d'une rencontre avec l'intersyndicale. Regrettant qu'il n'y ait "pas de dialogue social réel" à Air France, l'élu a indiqué avoir proposé "des auditions de la direction et des salariés" par les commission des Affaires sociales, des Affaires économiques et du Développement durable de l'Assemblée.