Économie – Social

Allan Sichel président du CIVB : "il n'y a pas de réticences à Bordeaux mais des difficultés à sortir des pesticides"

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde jeudi 22 septembre 2016 à 10:18

Allan Sichel dans le studio de France Bleu Gironde
Allan Sichel dans le studio de France Bleu Gironde © Radio France - Aurélie Bambuck

Allan Sichel le président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux a répété sur France Bleu Gironde ce jeudi matin, la volonté de sortir des pesticides, sur le long terme, à condition d'en donner les moyens aux viticulteurs.

Allan Sichel le président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux était l'invité de la matinale de France Bleu Gironde. Il a redit, comme avant lui son prédécesseur au CIVB Bernard Farges, sa volonté de sortir le Bordelais des pesticides, et annonce un cru 2016 prometteur.

Météo favorable dans le Bordelais, un bon cru 2016 ?

Les vendanges en blanc ont démarré il y a 3 semaines. En rouge, ce devrait être la semaine prochaine dans la plupart des châteaux. Les intempéries ont épargné le Bordelais cette année contrairement à la Bourgogne, la Champagne ou le Val de Loire, "est-ce que ça va être un grand cru ? On verra, mais on est très content, on a de beaux raisins pour les blancs et la perspective dans le ciel pour les 10 prochains jours est bonne" dit Allan Sichel. "On espère avoir un peu plus de volume cette année."

La sortie des pesticides, "un travail sur le long terme en accompagnant les viticulteurs à trouver les moyens"

Selon lui, "les attentes sociétales se sont cristallisées" ces derniers mois sur la question des pesticides, "mais c'est dans le prolongement de ce que fait la filière depuis des années. C'est très bien que Bernard Farges affiche la volonté de sortir des pesticides récemment, mais il n'y a rien de nouveau là dedans. Et il n'y a pas de réticences de la part des viticulteurs, mais des difficultés à la mettre en place. Il faut accompagner les viticulteurs à trouver les moyens." Allan Sichel avance un chiffre : sur les 30 dernières années, il y a moitié moins de produits chimiques utilisés.

IL faut, ajoute-t-il, que les viticulteurs comprrenent les attentes des riverains et inversement que les riverains comprennent les exigences des viticulteurs, pour trouver des solutions parcelle par parcelle.

Il faut continuer à perfectionner les règles du classement de St Emilion

Hasard du calendrier, la justice doit rendre ce jeudi son délibéré dans l'affaire opposant une journaliste Isabelle Saporta auteure du livre Vino Business, à Hubert de Bouard co-propriétaire du château Angélus. Il lui a intenté un procès pour diffamation. Elle l'accuse d'avoir été "juge et partie" dans l'établissement du classement 2012 de St Emilion car il a siégé à l'INAO justement l'année où le Château Angélus est devenu grand cru classé A. Pour Allan Sichel, "la présentation qui a été faite de cette histoire est caricaturale. Les règles étaient claires et toutes les personnes étaient d'accord et c'est vrai qu'on est entré dans une phase où ce classement est contesté sur ses bases juridiques".

La cité du Vin

Le CIVB attend les retombées de la Cité du Vin, ouverte le 1er juin , dans "un délai long". C'est un moyen de développer l'oenotourisme et d'amener les touristes à Bordeaux à découvrir et acheter notre production, mais "il faudra du temps pour voir les effets de cet outil dont tout le monde vante la beauté".

La vigne dans le Bordeaux représente 55 000 emplois en Gironde, 6500 viticulteurs, 300 négociants, et un chiffre d'affaire qui dépasse les 4 milliards d'euros.