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Économie – Social

Allouis : le premier paysan boulanger du Cher aura bientôt son fournil

lundi 30 avril 2018 à 19:44 Par Michel Benoît, France Bleu Berry

Un couple en reconversion professionnelle s'est installé il y a un environ un an à Allouis, près de Bourges. Il loue dix hectares de terres à un agriculteur bio pour y cultiver ses propres céréales et fabriquer du pain bio.

Marie-Hélène et Dominique Feur viennent de recevoir leur moulin à farine
Marie-Hélène et Dominique Feur viennent de recevoir leur moulin à farine © Radio France - Michel Benoit

Allouis, France

D'ici la fin de l'année, un fournil sera construit sur l'exploitation agricole. En attendant, ces paysans boulangers font cuire leur pain chez un boulanger de Vierzon (Mr Galant, maître artisan). Le conseil régional Centre Val de Loire va les épauler avec une subvention de 10.000 euros.  L'idée c'est bien sûr de valoriser jusqu'au bout, jusqu'aux consommateurs, leur production de céréales, pour dégager le plus de marge possible, seule façon de vivre avec une surface agricole de dix hectares seulement : " Aujourd'hui, on est fondamentalement agriculteur, explique Dominique Feur. On fait comme les viticulteurs ou les fromagers qui s'occupent de la commercialisation de leurs produits, mais en fabriquant du pain. C'est une production non délocalisable qui contribue à l'autonomie alimentaire d'un territoire. C'est aussi le défi que l'on s'est fixé. _Promouvoir un territoire._

Marie-Hélène Feur attache un sac pour recueillir la farine qui sort du moulin. - Radio France
Marie-Hélène Feur attache un sac pour recueillir la farine qui sort du moulin. © Radio France - Michel Benoit

Le couple va investir près de 240.000 euros dans l'aventure. Ils viennent de recevoir leur moulin. Ils vont donc pouvoir moudre eux-même leurs céréales. Ce moulin, ils l'attendaient depuis plusieurs mois : " On récolte du froment qu'on appelle couramment le blé, du petit épeautre, du grand épeautre et du seigle. Des céréales anciennes dont les vertus alimentaires sont bien connues et qui ont l'avantage d'être très résistantes aux maladies." détaille Dominique Feur. Ces variétés sont donc très intéressantes en culture bio.  Cet ancien urbaniste a décroché un brevet de responsable d'exploitation agricole et sa femme, Marie-Hélène, documentaliste, qui est devenue boulangère avec un CAP en poche : " Au départ, on avait pensé se tourner vers les légumes bio, mais la culture maraîchère quand on a plus de 50 ans, ça fait mal au dos ! plaisante Marie-Hélène. Finalement on a rejoint un réseau bourguignon qui promeut les graines anciennes (les Graines de Noë) et c'est donc tout naturellement que l'on s'est tourné vers la culture des céréales." . Marie-Hélène ne fait pas que du pain : " On a élaboré toute une gamme de produits : des pains spéciaux évidemment mais aussi des viennoiseries, des cakes, des cookies. Les clients sont très fidèles notamment sur le marché de Vierzon le samedi matin. On vend aussi directement à la boutique de la ferme à qui on loue nos terres puisqu'ils vendent leur propre fromage et de l'huile." Le couple livre également sa production à l'AMAP de Mehun sur Yèvre,  au magasin de producteurs de Fussy et à l'épicerie de Vouzeron. 

Les céréales sont stockées dans les silos juste derrière le moulin à farine. - Radio France
Les céréales sont stockées dans les silos juste derrière le moulin à farine. © Radio France - Michel Benoit

D'ici la fin de l'année, Dominique et Marie-Hélène espèrent ouvrir leur propre fournil sur l'exploitation pour devenir autonome dans leur activité :  "C'est un gros investissement, mais on a encore quelques années à travailler. Comme nos enfants, maintenant sont autonomes, c'était le moment de franchir le pas. Le but c'est aussi de transmettre notre activité quand on partira en retraite. " Marie-Hélène et Dominique Feur veulent ainsi démontrer que les petites structures agricoles peuvent être viables en Berry : " A condition de maîtriser toute la filière, de A à Z. Si on devait acheter notre farine, ça ne serait pas possible de dégager de la marge."