Économie – Social DOSSIER : Alstom Transport : quel avenir à Belfort ?

Alstom Belfort : le plan de sauvetage n'est toujours pas concrétisé

Par Soline Demestre et Rebecca Gil, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu vendredi 22 septembre 2017 à 11:20

Le comité de suivi local du plan de sauvetage d'Alstom Belfort s'est réuni ce jeudi
Le comité de suivi local du plan de sauvetage d'Alstom Belfort s'est réuni ce jeudi © Maxppp - Sam COULON

Un nouveau comité de suivi local du plan de sauvetage du site belfortain d'Alstom s'est réuni à Belfort ce jeudi. Les syndicats attendent encore du concret de la part de la direction de du constructeur ferroviaire et de la SNCF.

Près d'un an après l'annonce d'un plan de sauvetage destiné à éviter la fermeture d'Alstom à Belfort, le comité de suivi local s'est réuni une nouvelle fois hier. Syndicats, préfecture, direction d'Alstom et élus locaux ont fait le point sur sa mise en oeuvre. Mais aujourd'hui les syndicats ne sont pas complètement rassurés sur l'avenir du site.

Aujourd'hui la pérennité du site n'est toujours pas assurée" Olivier Kohler (CFDT)

Pour ce qui est du TGV du futur dont la conception a été promise à Belfort, elle est lancée. Une soixantaine de personnes y travaillent déjà. L'Etat de son côté, a bien tenu ses engagements, selon les syndicats, en actant la commande de 15 rames de TGV pour la ligne Paris-Bordeaux pour 700 millions d'euros. Mais ils attendent maintenant qu'Alstom et la SNCF concrétisent les leurs. Il reste encore des incertitudes notamment sur les 6 rames Paris-Turin et les 20 locomotives de secours annoncées par la SNCF.

" On reste un peu sur notre faim, constate Olivier Kohler de la CFDT. Aujourd'hui la pérennité du site n'est toujours pas assurée parce que les commandes n'ont pas été passées par la SNCF. Elle réfléchit sur les besoins en matériel et la rentabilité de la ligne TGV Paris-Turin et on est toujours dans l'attente d'une décision. Mais nous sommes tenus par le temps. Entre la décision d'une commande et la prise effective de cette commande dans les ateliers, il faut compter 24 à 36 mois. Nous avons une charge de travail assurée seulement jusqu'à fin 2019 donc pour assurer la suite, il faut absolument que la SNCF concrétise les commandes promises."

Alstom doit tenir ses engagements" selon le préfet du Territoire

Alstom de son côté s'était engagée à investir 30 millions d'euros d'ici 2018 pour développer et industrialiser une plate- forme de locomotive de manœuvre hybride. Mais là aussi le compte n'y est toujours pas. "La direction d'Alstom nous a dit que 3 millions d'euros avaient été investi, précise le préfet du Territoire de Belfort Hugues Besancenot, mais sur le reste elle attend encore des commandes fermes. J'ai rappelé à la direction d'Alstom qu'elle avait pris des engagements."

"Pour l'instant la réflexion et la stratégie d'Alstom c'est de dire nous attendons d'avoir des commandes fermes pour engager des investissements, déplore Olivier Kohler. C'est un peu le chat qui se mord la queue. Mais la diversification doit passer des investissement de la direction et ils doivent se faire rapidement."

Un nouveau comité de suivi national est prévu au mois d'octobre . Le maire de Belfort a proposé au gouvernement que cette réunion se tienne à Belfort. Il attend maintenant la réponse.