Économie – Social

Alstom Belfort : une reprise du travail en douceur

Par Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu mercredi 5 octobre 2016 à 17:54

Derrière ces grilles, la production a repris après un mois de bras de fer avec la direction
Derrière ces grilles, la production a repris après un mois de bras de fer avec la direction © Radio France - Nicolas Wilhelm

Au lendemain du sauvetage d'Alstom Transport à Belfort, le travail a repris ce mercredi 5 octobre dans l'usine belfortaine dans une ambiance détendue. Mais les doutes n’ont pas totalement disparu.

Après l’annonce par le gouvernement et la direction d’un programme de construction de 62 locomotives pour le site de Belfort, le travail a repris ce mercredi dans les ateliers belfortains un mois pile après le début du conflit et l’annonce du transfert programmé de la production de la cité du Lion vers Reichshoffen en Alsace.

Une usine encore au ralenti

Les salariés ont travaillé pendant un mois au ralenti. Les livraisons de pièces ont été retardées. Cette grande chaîne qui permet la fabrication de locomotives ne fonctionne pas encore complètement « Il manque des pièces pour les chassis des TGV. Il faudra quelques jours pour que l’usine retrouve son rythme de croisière » rapporte Olivier Koehler, délégué CFDT sur le site.

« Nous ne pouvons pas encore retrouver une cadence normale faute de pièces suffisantes mais nous devrions retrouver une activité normale dès le début de la semaine prochaine » pronostique Laurent, monteur câbleur sur TGV, 27 ans de maison.

Le sourire retrouvé dans les ateliers

« Dans l’ensemble, les gens ont envie de travailler et l’ambiance était bonne » poursuit Laurent. « C’est comme si rien ne s’était passé » ajoute une salariée qui souhaite rester anonyme. Elle espère comme beaucoup de ses collègues que les promesses seront tenues.

Laurent, monteur câbleur sur TGV, a repris le travail dans la bonne humeur

Car ici, la crainte est que l'Etat et/ou la direction d'Alstom Transport ne tiennent pas leurs engagements. Beaucoup doutent encore de ces belles paroles et intentions.

La peur du coup fourré

« Chacun devra respecter ses engagements. L’Etat comme la direction d’Alstom Transport » prévient Olivier Koehler de la CFDT. L’écho est le même dans les ateliers. « On espère, mais on n’est pas sûr de tout ce qui a été dit, surtout si on change de gouvernement l’année prochaine, » poursuit Laurent, monteur câbleur. Le rôle de l'Intersyndicale sera de veiller au respect des engagements de la direction d'Alstom Transport et de l'Etat avant mais aussi après l’élection présidentielle de 2017. Les syndicats demandent que le comité de suivi puisse se réunir rapidement pour suivre l’évolution des commandes annoncées.

Heures de grève payées

La direction d'Alstom Transport a déjà fait un geste en acceptant de payer toutes les heures de grève aux salariés à l''exception de la matinée du 21 septembre lors du blocage de l'ensemble du site.

Belfort doit honorer les commandes en cours

Les salariés du site belfortain doivent honorer les commandes en cours : 10 locomotives pour l'Azerbaïdjan, 47 pour la Suisse et 55 motrices TGV encore à terminer pour la SNCF… en attendant que les commandes annoncées mardi se concrétisent. Si tel est le cas, la position du site historique sera renforcée pour espérer décrocher les commandes du TGV du futur dont la fabrication est prévue à partir de 2020. « Alstom a toujours fabriqué les TGV pour la SNCF. Il n’y a pas de raison que cela change mais nous resterons vigilants » conclut Olivier Koehler au nom de l’intersyndicale.

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