Économie – Social

Alstom choisit General Electric

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Belfort-Montbéliard mercredi 30 avril 2014 à 16:52

Alstom Belfort
Alstom Belfort © MAXPPP

Le conseil d'administration d'Alstom avoue sa préférence. Il s'est prononcé en faveur de General Electric à l'unanimité, pour le rachat de sa branche énergie. Pour autant, l'industriel français ne ferme pas la porte à Siemens. Il se laisse un mois pour décider définitivement, le temps examiner les offres plus en détails. Malgré ce délai, les salariés du site belfortain sont inquiets.

C'est à l'unanimité que le conseil d'administration d'Alstom a privilégié l'offre de l'américain General Electric (G.E), dans la nuit de mardi à mercredi. Un vote préliminaire, absolument pas définitif, mais tout de même, la tendance est nette. Pour autant, le groupe industriel français veut se donner le temps. Il se laisse un mois de réflexion pour qu'un comité d'expertise indépendant (mené par Jean-Martin Folz) réexamine toutes les offres. Celle de G.E bien sûr, mais aussi la nouvelle proposition de Siemens. Un répit pour le gouvernement français sommé de réagir par les syndicats.

12.35 Milliards d'euros mais combien de suppression de poste ?

Car si on connait maintenant le montant de l'offre de G.E, 13.35 milliards d'euros, on ne connait pas encore les détails de cette offre. Y aura-t-il un plan de licenciement alors que des doublons inévitables vont se former ? Et si oui, les salariés d'Alstom seront-ils sacrifiés les premiers face aux employés de G.E ? Les syndicats de Belfort et d'ailleurs n'ont aucune réponse pour l'instant. Et ils s'inquiètent. Car pour eux, en ce moment, General Electric rime avec licenciements. 139 postes ont été supprimés sur les sites belfortains de l'américain en 2013. 69 autres postes d'ingénieurs doivent disparaître en 2014 à Belfort et Bourogne. Ce n'est franchement pas rassurant pour Alain Ogor, délégué CFDT à Alstom Belfort, d'être racheté par une entreprise elle-même en difficulté. Le scepticisme est le même d'ailleurs du côté des syndicats de G.E ! "Comment notre entreprise peut nous annoncer des suppressions de postes d'un côté et faire une offre à 12 milliards d'euros de l'autre ?" s'interroge Francis Fontana, porte-parole de l'intersyndicale.

GE Alstom FONTANA

Et puis General Electric reste la concurrence pour les salariés d'Alstom. En cas de crise, de ralentissement du marché, ils ont peur d'être les premiers à devoir partir. Ce ne sera pas le cas, d'après le groupe américain. Dans un communiqué, il explique d'ores et déjà que le rachat de la branche énergie d'Alstom "se traduira par une augmentation du nombre d'emploi" . Il propose aussi que le siège reste installé à Belfort. Plus encore, que les turbines à vapeur et les éoliennes off shore notamment soient construites dans les usines belfortaines.

Des actes, pas du discours de la part de l'Etat

Les salariés préféraient donc qu'Alstom reste français bien sûr. Mais cela passe, pour eux, par l'engagement de l'Etat. Et pas seulement dans le discours. Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif a beau affirmer qu'il défendra jusqu'au bout les intérêts industriels de la nation, les salariés belfortains attendent des actes.