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Amazon à Fontaine : ce que disent les opposants au projet

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Par , France Bleu Belfort-Montbéliard

Après l'annonce officielle, ce lundi 10 mai, de l'arrivée d'Amazon dans le Territoire de Belfort, et la création de 300 créations d'emplois, parole aux opposants. Ils dénoncent une possible destruction du commerce local et de lourds dégâts environnementaux.

Blocage d'une plateforme Amazon à Montélimar, dans la Drôme.
Blocage d'une plateforme Amazon à Montélimar, dans la Drôme. © Maxppp - Fabrice Anterion

Amazon a officialisé son implantation sur l'Aéroparc de Fontaine, dans le Territoire de Belfort, ce lundi 10 mai. Le géant du commerce en ligne a annoncé l'ouverture d'une agence de livraison d'une superficie de 10.000 mètres carrés. L'entrepôt doit commencer son activité à l'automne 2021. Et plus de 300 emplois doivent être créés. En attendant de savoir si c'est aussi la firme américaine qui exploitera la plateforme de 76.000 mètres carrés située juste à côté, ce qui permettrait d'atteindre le chiffre de 1.000 emplois créés

Influence sur le commerce local et l'environnement

L'annonce ne sera pas faite avant que le tribunal administratif de Besançon ne juge les recours déposés contre l'exploitation de cette plateforme logistique. Le président du Grand Belfort précise en revanche qu'une troisième plateforme logistique va s'installer sur l'aéroparc de Fontaine, mais "ce n'est pas Amazon", indique Damien Meslot, qui pourrait communiquer à ce sujet dans les 15 prochains jours.

Si le président du Grand Belfort, se réjouit et voit là une "excellente nouvelle pour le département et une preuve de son attractivité", qu'en disent les opposants au projet ? Samia Jaber, élue de gauche à l'agglomération prévoit une destruction des emplois dans les commerces locaux. Mais aussi un impact environnemental d'Amazon et un manque de transparence dans la gestion du dossier. 

Il y a une moyenne de trois accidents du travail par jour chez Amazon en France - Alma Dufour de l'association Les Amis de la Terre

Une rhétorique reprise par les collectifs et associations qui luttent contre l'entreprise. Sur les emplois, l'argument numéro un, c'est celui de l'impact d'Amazon sur le commerce local, évalué selon l'étude de Mounir Mahjoubi : "Pour une création d'emploi" chez Amazon en France, il y a "1,9 emploi perdu dans les commerces traditionnels", annonçait en novembre 2019 l'ancien secrétaire d'État au numérique. "C'est bien beau d'annoncer 1000 emplois si on ne prend pas en compte ceux qui seront détruits. Le calcul est très mauvais", estime Karel Trapp, l'un des membres du collectif Gafamazone. "Les gens font ce qu'ils veulent, s'ils ont envie de commander sur Amazon, plutôt que d'acheter dans le commerce, ils le font. Qui sont ces collectifs pour imposer un mode de consommation ? Et puis si Amazon ne s'était pas implanté à Belfort, ça aurait été ailleurs en Alsace ou en Bourgogne, donc ça ne change rien sur le fond", répond Damien Meslot. 

Autre critique sur les emplois chez Amazon de la part des opposants : les conditions de travail. "Il y a une moyenne de trois accidents du travail par jour chez Amazon en France. C'est quand même beaucoup. En gros c'est salaire bas et travail physiquement très difficile. La répétitivité des tâches génèrent un turnover très rapide de la plupart des salariés qui en ont marre au bout de 2 ans et qui ne peuvent pas rester", détaille Alma Dufour, porte-parole de l'association Les Amis de la Terre. 

Enfin, il y a l'impact environnemental d'une telle implantation. "Il y a une telle accélération de la livraison, qu'Amazon est obligé d'augmenter la cadence du transport par avion des produits et donc il est obligé de construire des centres de tri qui vont servir à re-dispatcher les produits qui arrivent notamment de l'aéroport de fret de Bâle-Mulhouse", affirme Alma Dufour. Les associations d'opposants ont prévu de nouvelles manifestations à Belfort au mois de juin, et souhaitent rallier les commerçants du centre-ville à leur cause. 

Enfin un contournement routier autour de Fontaine ? 

Aux alentours de l'aéroparc de Fontaine, les élus mettent eux en avant de possibles nuisances causées par les sociétés de transports qui vont travailler pour l'agence de livraison. Des nuisances qui existent déjà, dues aux entreprises déjà installées sur l'ancienne base aérienne. Parce que pour éviter le péage de l'A36 et rallier l'aéroparc, une quarantaine de camions passent chaque jour par des petits villages, comme Larivière, Lachapelle-sous-Rougemont et Angeot. "Ce qu'on appelle les livraisons du dernier kilomètre, ce sont des petites camionnettes. Et elles vont passer par les petites routes, donc par nos villages, si elles veulent éviter d'avoir des frais de péages", craint le maire de Larivière, Marc Blondé. 

La solution, ce pourrait être un contournement routier de ces villages. Un projet dans les cartons du département et de l'agglomération depuis des années. "On n'a aucune nouvelle sur les aménagements routiers. On voudrait bien aussi qu'il y ait des décisions, voire des informations qui se diffusent un peu plus vite pour atténuer un peu la crainte de nos habitants", lance Pierre Fiétier, le maire de Fontaine. Des études ont bien été lancées par le département, mais le contournement ne sortira pas de terre avant plusieurs années. En attendant, la firme assure qu'elle va payer à ses partenaires le péage de l'A36 pour obliger les camions à prendre l'autoroute. Sans que l'on sache si cela concernera tous les véhicules.

Depuis l'annonce de l'arrivée d'Amazon, Pierre Fiétier et Damien Meslot disent avoir déjà reçu de nombreuses sollicitations pour savoir où candidater. "Certains m'ont directement envoyé leur CV", s'amuse le maire de Fontaine. 

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