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Économie – Social

Amiens Métropole envisage des sanctions financières pour lutter contre l'absentéisme des agents

jeudi 30 mars 2017 à 7:00 - Mis à jour le jeudi 30 mars 2017 à 8:39 Par Rosalie Lafarge, France Bleu Picardie et France Bleu

Plusieurs syndicats d'Amiens Métropole appellent les agents à faire grève ce vendredi. Ils dénoncent les propositions de l'agglomération pour lutter contre l'absentéisme de ses agents.

Arrêt de travail (illustration)
Arrêt de travail (illustration) © Maxppp - Nicolas Kovarik

Amiens, France

Les services d'Amiens Métropole risquent de tourner au ralenti ce vendredi. La CGT ouvriers et employés, la CGT cadres, FO et Sud appellent à la grève. La CFDT se joint au mouvement pour 55 minutes dès 9h dans la cour de l'Hôtel de Ville d'Amiens. Les syndicats ne digèrent pas les dernières propositions de l'agglomération en matière de lutte contre l'absentéisme.

Amiens Métropole travaille sur plusieurs volets d'action pour lutter contre les absences de ses agents. Mais il y en a un qui fait débat : le volet financier. L'agglo envisage de retirer une partie des primes dès le premier jour d'absence, et de retirer une partie du régime indemnitaire au-delà du dixième jour d'absence par an.

Des mesures justifiées selon Amiens-Métropole

"Nous avons un régime indemnitaire qui, pour partie, est lié aux conditions de travail des agents, explique Dominique Fiatte, le directeur général des services d'Amiens Métropole. Par exemple, les agents qui travaillent en extérieur ont une prime parce qu'ils travaillent en extérieur. Nous considérons que, dans la mesure où ils ne travaillent pas, le régime indemnitaire ne doit pas être perçu".

"Il est nécessaire de différencier les agents présents de ceux qui sont absents" - Dominique Fiatte, directeur général des services d'Amiens Métropole

"Nous sommes des employeurs, insiste Dominique Fiatte, et il y a une différence entre les agents présents et ceux qui ne le sont pas. En plus, ça ne touche qu'une petite partie de la rémunération, l'impact est modéré. Mais il est nécessaire pour différencier les agents présents des absents".

Les syndicats voudraient qu'on s'intéresse aux raisons de ces absences

Les syndicats dénoncent ce volet financier. Ils préféreraient qu'Amiens Métropole tente d'améliorer la qualité de vie au travail plutôt que de toucher aux rémunérations. C'est également ce que souhaiterait Claude. Cet agent de l'imprimerie d'Amiens Métropole est en arrêt maladie depuis six mois .

Il est en dépression depuis une réunion qui a mal tourné en octobre. "Lors d'une réunion de service, je me suis fait insulter par mon chef de service" raconte ce père de deux enfants. C'est la goutte d'eau qui fait déborder un vase déjà bien plein : "entre la réorganisation du travail, les départs en retraite non remplacés, la masse de travail ne faisait que grossir" se souvient Claude.

Des mesures perçues comme injustes par les agents

Il va donc voir son médecin, qui l'arrête d'abord pendant deux semaines. En parallèle, il tente de demander une mobilité interne, prêt à travailler dans un autre service. Mais six mois après il en est au même point. "Rien ne se fait, l'administration ne veut pas que je change de service, et pour moi il est hors de question d'aller travailler dans le service où mon chef m'a insulté. Je me sens très mal, pas physiquement mais psychologiquement".

"Je ne peux pas revenir dans le même service et l'administration refuse que je change de service" - Claude, agent d'Amiens Métropole

Et pourtant, Claude a "envie de travailler". Il en a "marre de rester à la maison, qu'est-ce que je raconte à mes enfants ? Je suis sous anti-dépresseurs et il n'y a pas de solution. C'est quand même dommage d'en arriver là à 55 balais" regrette l'agent. Alors quand il apprend qu'Amiens Métropole veut toucher aux primes des agents malades, forcément ça ne passe pas. "Le gars qui m'a insulté n'a pas eu de sanction, rien, et moi qui n'ai rien fait, on va toucher à mon salaire. C'est injuste".