Économie – Social

Andrézieux-Bouthéon : les Saira-Seats refusent d’être les victimes des tensions avec l’Italie autour de STX

Par Sandrine Morin, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 31 juillet 2017 à 22:41

 Les salariés de Saira Seats alertent depuis mardi 23 mai sur la mort imminente du site.
Les salariés de Saira Seats alertent depuis mardi 23 mai sur la mort imminente du site. © Radio France - A.L.

Le tribunal de commerce doit trancher ce 1er aout sur l’avenir de l’entreprise d’Andrézieux-Bouthéon. Saira-Seats demande a être dissocié de son actionnaire Italien en faillite. Mais les salariés de l’équipementier ont peur de faire les frais des tensions franco-italiennes autour de STX.

Journée décisive ce mardi 1er août pour les 150 salariés de Saira Seats. Le dossier va être examiné au tribunal de commerce de Saint-Étienne dans la matinée. Saira-Seat est en difficulté depuis que son actionnaire est en faillite en Italie. Les salariés de l'équipementier ferroviaire basé à Andrézieux-Bouthéon espèrent que les juges stéphanois vont mettre l'entreprise en cession judiciaire. Une solution qui permettrait à un repreneur de racheter la branche française. Cinq sociétés seraient prêtes à se positionner.

Le cas STX : une chance et une malchance

Mais depuis la première audience, le 11 juillet, l'actualité a beaucoup inquiété les salariés de l'entreprise ligérienne. La nationalisation du chantier naval STX - pour éviter que des italiens n'en prennent le contrôle- a en tout cas été suivi de très près.

Il y a cinq jours, le 27 juillet, le gouvernement français nationalisait provisoirement STX, le chantier naval, pour contrer un groupe italien. Un bras de fer entre la France et l'Italie qui a interpellé tous les acteurs du dossier Saira-Seats. D'abord car pour les salariés, la solution d'une nationalisation temporaire aurait pu être LA bonne idée. Une manière de sortir l’équipementier du giron italien avant qu'un repreneur les rachète.

MISE : ministère du développement économique de l’Italie

Mais surtout beaucoup se disent, que si l'État français a peut-être était très dur dans le dossier STX et il devra lâcher du lest pour le dossier qui concerne une plus petite entreprise. D'autant que l’affaire Saira-Seats est gérée directement par le MISE, le ministère du Développement économique de l'Italie (Ministero dello Sviluppo Economico)

Clairement, ce dossier est à la fois économique, juridique, politique et les salariés de Saira-Seats ne veulent pas faire les frais des tensions entre les deux pays. En tout cas l'audience promet d'être longue ce mardi matin. Tous les membres du comité d'entreprises seront là. Plusieurs avocats devraient également plaider et notamment des avocats venus d'Italie.

"Nous souhaiterions également passer sous la protection de l’ État Français puisque les relations avec l’Italie sont vraiment nuisibles. On a vraiment peur d’une hostilité avec les autorités italiennes." Hervé Michalon le secrétaire du CE de Saira-Seats.

L’audience au tribunal de commerce de Saint-Étienne doit débuter à 10h. Début juin, l’État avait débloqué 1,6 million d'euros de crédit d'impôts pour l'entreprise Saira Seats à Andrézieux-Bouthéon.