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Après dix jours d'occupation à la Comédie de Caen, les intermittents veulent toucher "tous les précaires"

Depuis le 15 mars 2021, le théâtre de la Comédie de Caen est occupé par des intermittents. Artistes, mais aussi travailleurs précaires ou chômeurs, ils continuent la mobilisation contre la réforme de l'assurance chômage notamment. Le défi pour eux désormais est d'élargir le mouvement.

Des banderoles ont été accrochées dans le théâtre pour marquer l'occupation.
Des banderoles ont été accrochées dans le théâtre pour marquer l'occupation. © Radio France - Benjamin Recouvreur

Le protocole sanitaire est strict à la Comédie de Caen occupée d'Hérouville. Lavage de mains, distanciation, inscription sur un registre, en dix jours les occupants ont eu le temps de s'organiser. Dans le hall d'entrée, plusieurs personnes continuent à fabriquer de grandes banderoles pour les afficher dans et autour du théâtre. "On va en faire une nouvelle avec : l'accès à la culture, même aux démunis", lance l'un des occupants à l'issue de l'assemblée générale dans laquelle cette idée a été suggérée. Dans certains coins du théâtre, des matelas sont posés contre les murs. "On est une vingtaine à se relayer pour dormir, et on dort un peu partout pour respecter les distances, sur les canapés du théâtre, sur des matelas qu'on a ramené", explique Romuald Duval, de la Koordination des intermittents et précaires du Calvados (KIC) à l'initiative de l'occupation. 

Ce jeudi 25 mars, l'assemblée générale s'est déroulée dans une salle de cinéma du Café des Images voisins. "On est plus de 50, c'est la règle, parce que dans le hall du théâtre, on est trop serré", explique Romuald Duval. Pendant plus d'une heure et demi, un point sur la mobilisation est fait. Comme à Hérouville, plus de 80 lieux culturels sont occupés en France. Bientôt, ils espèrent tous une action coordonnée entre ces lieux. Pour le moment, le défi est d'exister au niveau local. 

C'est dans la salle fleurie que cette nouvelle assemblée générale s'est déroulée.
C'est dans la salle fleurie que cette nouvelle assemblée générale s'est déroulée. © Radio France - Benjamin Recouvreur

Réussir à élargir le mouvement 

Ce mouvement dépasse le cadre de la sphère culturelle. "On entend souvent que les intermittents du spectacle se mobilisent pour l'ouverture de leurs lieux, la reprise de leur activité... Oui, on en a envie mais ce n'est pas vraiment l'objet de notre mobilisation", détaille Romuald Duval. 

Notre mobilisation, c'est pour le retrait de la réforme de l'assurance chômage, pour une couverture sociale pour tous... c'est un mouvement pour les droits sociaux - Romuald Duval, membre de la KIC 

Alors des étudiants, des travailleurs du médico-social, des chômeurs les ont rejoint à certains moments. Des actions solidaires ont été menées comme des distributions alimentaires ou des distributions de vêtements. Mais le constat est rapidement établi, "c'est extrêmement difficile de mobiliser les gens", se désolent plusieurs membres de l'assemblée générale. "C'est encore le début , certains diront que ça s'essouffle, d'autres que c'est génial, tout ça n'a pas beaucoup d'importance. Convaincre une personne à la fois, c'est déjà bien", tempère Christophe Amsili, membre de la KIC. 

ECOUTEZ - "C'est un mouvement pour les droits sociaux" explique Romuald Duval de la KIC

"C'est en train de devenir un lieu de convergence", veut croire Romuald Duval. Tous les jours, des commissions de travail se réunissent pour réfléchir aux actions à mener et aux meilleurs moyens de se faire entendre.

Diversifier les actions 

Pour gagner en visibilité, des comptes sont désormais actifs sur les réseaux sociaux. Ils doivent permettre de donner plus d'écho aux différentes actions menées hors du théâtre. Les idées sont nombreuses, mais le contexte sanitaire complique aussi les choses. "Si on ne peut pas se réunir à plus de six dans la rue, ça va devenir compliqué, mais il y a plein de dérogations", dit l'une des participants à l'assemblée générale. 

Des idées ont été lancées pour les semaines qui viennent. Certains aimeraient être présents en centre-ville tous les weekends. Proposer aux passants des concerts, des performances artistiques pour les interpeller. D'autres rêvent même d'une réouverture concertée, préparée et temporaire de certains lieux de culture sur une journée. Pour montrer que c'est possible et mettre plus de lumière sur le mouvement avant qu'il ne s'essouffle. 

ECOUTEZ - Le reportage de France Bleu Normandie à la Comédie de Caen occupée

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