Économie – Social

Après le TGV et la THT, un gazoduc va traverser les Pyrénées-Orientales

Par Baptiste Guiet, France Bleu Roussillon mardi 4 juillet 2017 à 12:07

Installation d'un Gazoduc dans l'Aube en 2014
Installation d'un Gazoduc dans l'Aube en 2014 © Maxppp - JEROME BRULEY

Un gazoduc de 120 kilomètres va relier d'ici 2022 Barbaira dans l'Aude à la frontière espagnole près du Perthus. La canalisation doit connecter les réseaux de gaz français et espagnol. Le tracé précis de la tranchée reste encore à déterminer. La concertation publique débutera en fin d'année.

C'est un projet à 290 millions d'euros rien que pour la partie française. Le gazoduc MidCact ou STEP (South Transit East Pyrenees) est porté depuis des années par la Commission européenne. Elle souhaite consolider et sécuriser ses approvisionnements en gaz sur le continent.

Cette connexion transfrontalière permettrait d'acheminer vers l'Espagne le gaz de l'Europe du Nord ou à l'inverse, de transférer plus facilement vers la France la production en provenance d'Afrique du Nord par exemple. Le futur équipement est donc hautement stratégique à l'échelle de l'Union européenne.

Cela permettrait aussi d'alimenter et de soulager le réseau gazier des Pyrénées-Orientales.

Une tranchée dans les Fenouillèdes, les Aspres et les Albères

Le gazoduc doit relier la station gazière de Babaira dans l'Aude à celle d'Hostalric en Catalogne. C'est l'entreprise TIGF (Transport Infrastructures Gaz France) qui est chargée de l'installation de la canalisation côté français. Le gazoduc de 90 centimètres de diamètre sera enfoui à au moins un mètre sous terre sur 120 kilomètres jusqu'à la frontière espagnole.

Par où passera ce gazoduc ? Aujourd'hui, rien n'est encore précisément défini. Pour l'instant TIGF a défini une "aire d'étude réduite" : une bande de 10 kilomètres de large environ qui traverse l'Aude et les Pyrénées-Orientales à l'ouest de l'autoroute A9 via les Fenouillèdes, le Ribéral, les Aspres et les Albères.

Quarante-huit communes sont aujourd'hui dans cette aire d'étude, dont Opoul-Périllos, Maury, Baixas, Baho, Le Soler, Thuir, Passa, Saint-Jean-Pla-de-Corts, Le Boulou...

Une concertation de trois mois pour le tracé définitif

Une concertation publique de trois mois débutera en novembre prochain afin de définir le meilleur tracé possible. "Cette canalisation enterrée ne perturbe absolument pas le milieu naturel, assure Lionel Thomas, le directeur adjoint de TIGF en charge des opérations. Une fois que la conduite a été enfouie, on peut replanter de la vigne ou des arbres fruitiers. Quand la végétation a repris ses droits, c'est absolument invisible !"

Pourtant, certains s’inquiètent déjà des conséquences de ce chantier de grande ampleur. Jean-Jacques Planes, l'ancien président du collectif "Non à la THT" s'interroge notamment sur les possibles conséquences dans le massif des Albères : "Le simple fait de faire un trou à la pelle mécanique dans une forêt ça a un impact. Pas question qu'on traverse ce sanctuaire sans y prendre garde ! Je souhaite que ce qu'on va nous présenter est acceptable. Si ce n'est pas le cas ils trouveront une force considérable face à eux."

Le début des travaux n'est pas prévu avant 2020 pour une mise en service programmée en 2022.