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Économie – Social

Arc : hausse du temps de travail et suppressions de postes chez le numéro 1 mondial des verriers

vendredi 11 janvier 2019 à 0:14 Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord et France Bleu

La direction de la verrerie d'Arc, près de Saint-Omer (Pas-de-Calais) a présenté jeudi matin un "plan de transformation" destiné à réduire les coûts. 350 postes seront supprimés chez le leader mondial du secteur qui emploie 5.500 personnes sur son site d'Arcques.

L'usine Arc, près de Saint Omer, a augmenté ses ventes de 20% depuis 2015
L'usine Arc, près de Saint Omer, a augmenté ses ventes de 20% depuis 2015 © Maxppp - Patrick James

Arques, France

La verrerie de l'Audomarrois ne gagne pas suffisamment d'argent. La direction a présenté, jeudi matin, un "plan de transformation" sur 2 ans baptisé "Synergie 2020" qui prévoit des suppressions de postes, un rallongement du temps de travail pour passer de 32 heures à 35 heures par semaine, la vente d'entrepôts et une automatisation plus grande sur les chaînes de conditionnement.

Le risque d'un dépôt de bilan

La verrerie qui emploie 5 500 personnes aujourd'hui (5 000 CDI et 500 intérimaires) doit rapidement redresser la barre sous peine de voir l'horizon s'obscurcir très rapidement. Pour le secrétaire du CE, le délégué CGT Frédéric Specque, l'heure est grave : 

La situation d'Arc est très alarmante voire très dangereuse à très court terme pour nos emplois.

Pour ce syndicaliste, la société pourrait se retrouver dès le mois de mars en défaut de paiement et donc mise en redressement judiciaire. La direction confirme ce risque mais fixe plutôt le mois d'avril comme date butoir. La chasse aux coûts est donc ouverte : deux départs en retraite sur 3 ne seront pas remplacés en 2019,  les stocks ayant fondu de 30%, il n'y a plus besoin d'entrepôts gigantesques en bord de rocade de Saint Omer, ces bâtiments seront donc vendus. Pour assurer des ventes en flux tendus, le temps de travail va passer à 35 heures. Il était à 32 heures depuis 2002, en échange, les ouvriers n'avaient que 21 jours de congés, travaillaient la nuit, les week-ends. Une organisation trop rigide qui pose des soucis explique le directeur général Tristan Borne

Cela nous évitera de monter en stocks avant l'été, de diminuer notre production et d'avoir des risques de rupture au mois de septembre quand la demande de nos produits est forte

La direction va entamer trois semaines de négociations avec les syndicats pour une mise en place espérée de cette nouvelle organisation du temps de travail au 1er avril prochain. Un calendrier très serré, signe qu'il y a urgence.

Ventes et marges en hausse

Le bénéfice brut augmente chaque année, pour atteindre 38 millions d'euros en 2018 mais il faudrait quasiment le double, 70 millions, pour que l'usine soit rentable. Pourtant, certains indicateurs sont au vert : les ventes ont progressé de 20% depuis la prise de contrôle par un fonds d'investissement américain en 2015, les stocks ont diminué de 30% et l'arrivée de nouveaux modèles de verre et de plats à four dégage des marges plus importantes. Enfin, l'actionnaire américain n'hésite pas à mettre la main à la poche : 175 millions ont été investis depuis le rachat, dont 45 millions encore l'année passée. Les syndicats en sont reconnaissants même s'ils estiment que des erreurs de stratégie au début de la reprise du site ont ralenti le rebond du groupe.

Le groupe Arc emploie 10 000 personnes dans le monde dont la moitié sur son site proche de Saint Omer.