Économie – Social

Ardennes : la majorité départementale se divise, la taxe foncière n'augmentera pas

Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne lundi 20 mars 2017 à 19:09

Benoit Huré
Benoit Huré © Maxppp - Patrick LAVAUD (PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE)

Le Conseil départemental des Ardennes n'augmentera pas sa taxe sur le foncier bâti. La proposition a été rejeté par 19 voix contre 18 et une abstention. 12 élus de la majorité de droite ont voté avec l'opposition.

Le budget primitif 2017 soumis au vote des 38 conseillers départementaux des Ardennes en ce début de semaine prévoyait de faire passer la taxe sur le foncier bâti de 21,25 % à 24,86 %, bien au-delà de la moyenne française (16,21 %). Ce lundi, 19 élus ont voté contre, 18 pour et un s'est abstenu. 12 conseillers départementaux de la majorité de droite ont donc bloqué le budget primitif tel qu'il était présenté. Parmi eux, la députée Bérengère Poletti ou encore la secrétaire départementale Les Républicains Else Joseph.

Le taux de la taxe sur le foncier bâti est resté inchangé depuis 7 ans, mais le président du Conseil départemental des Ardennes, Benoît Huré, pointe l'"étranglement progressif" et l'"inexorable asphyxie" des départements. Et de dresser la liste comptable du désengagement de l'Etat dans les Ardennes : 100 millions d'euros d'allocations de solidarité non compensées ces trois dernières années, 14 millions d'euros en moins sur la dotation allouée au département en 2017. L'augmentation de la taxe foncière aurait rapporté 9,7 millions d'euros. Il va falloir les trouver ailleurs.

Les opposants à la hausse ne manquent pas d'idées pour faire des économies. Le chef de file de l'opposition, Erik Pilardeau, propose par exemple de réduire les indemnités des élus (ce qui avait été rejeté lors du débat budgétaire de l'an passé). Dans les rangs de la majorité, parmi les conseillers qui refusent d'accroître la pression fiscale, Odile Berteloodt suggère de reconsidérer certains projets portés par la majorité comme la création d'un circuit automobile et d'un pôle mécanique à Regniowez. Autre idée défendue par la conseillère sedanaise : intégrer le laboratoire d'analyses départementales au futur campus du Moulin-Blanc en tant que support de formation universitaire afin de vendre le château d'Hagnicourt.