Économie – Social

Artisans commerçants : "On crève de faim et on met la clé sous la porte à cause des charges"

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne mardi 24 mars 2015 à 10:35

Les artisans et commerçants réunis devant l'agence régionale RSI à Reims
Les artisans et commerçants réunis devant l'agence régionale RSI à Reims © Radio France - Monique Derrien

Des artisans et commerçants se sont rassemblés toute la journée, lundi 23 mars, devant l'agence régionale du RSI (Régime Social des Indépendants). Ils se disent étranglés par le montant des charges sociales qu’ils doivent payer, sans toujours comprendre comment elles sont calculées.

Après une manifestation qui avait rassemblé 7 000 personnes à Paris le 9 mars dernier, les artisans et les commerçants se sont de nouveau rassemblés hier partout en France et notamment à Reims, devant l'agence régionale du RSI. Ils reprochent au Régime Social des Indépendants de leur prélever des charges toujours plus élevées, sans donner d’explication sur la façon dont elles sont calculées.

Du travail, on en a, mais on est malgré tout obligé de licencier et de fermer nos entreprises

Les témoignages des artisans sont unanimes, ce n'est pas le manque de travail qui les fait descendre dans la rue : "J'ai quatre mois de travail d'avance" , explique Christophe Carlos, plombier à Gaye dans le département de la Marne, "j'aurais besoin d'embaucher, sauf que si je le fais, je mets la clé sous la porte parce que tout l'argent qui rentre va dans les charges" .

"On vit sur le fil du rasoir"

Marc Largeot témoigne également, des larmes dans la voix. Ce fleuriste a ouvert deux boutiques à Châlons-en-Champagne avec son compagnon : "Nos magasins fonctionnent bien, il y a du travail, on pourrait faire vivre deux personnes supplémentaires, mais à cause de ces charges il ne nous reste rien et on a été obligé de se séparer d'une salariée" . Il poursuit : "On travaille 60h par semaine, on ne part plus en vacances, on ne se verse plus de salaire, on se donne à fond et malgré tout on va devoir vendre notre maison parce qu'on a plus rien. RSI nous demande 19 000 euros de cotisations alors que notre entreprise fait un résultat net de 7 000 euros. Je n'ai pas donné trois ans de ma vie pour voir mon entreprise fermer"

Le témoignage de Marc Largeot, fleuriste à Châlons-en-Champagne

Quant au mode de calcul de ces cotisations sociales, les indépendants avouent ne pas toujours comprendre : "On nous réclame parfois des sommes correspondant à nos salaires" , expliquent-ils. Le RSI de Champagne-Ardenne répond que ce n'est pas de leur responsabilité, mais de celle du gouvernement. Catherine Erignoux, directrice adjointe du RSI de Champagne-Ardenne se défend : "Je précise qu'il existe au sein des caisses RSI des commissions d'action sociale composées de commerçants et d'artisans qui viennent en aide aux indépendants qui ont des problèmes pour payer leurs charges" .

Catherine Erignoux

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