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Économie – Social

Les salariés d'Artmadis, à Wasquehal, écoeurés par l'attitude de leur actionnaire

jeudi 5 juillet 2018 à 22:41 Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord

Le grossistes en art de la table, leader sur le marché français, met la clé sous la porte. Son actionnaire allemand refuse d'éponger le déficit 2017. 194 salariés vont être licenciés à travers la France, dont une centaine dans le Nord-Pas-de-Calais.

Salariés et représentants du personnel au siège social du leader français des arts de la table
Salariés et représentants du personnel au siège social du leader français des arts de la table © Radio France - Stéphane Barbereau

Wasquehal, France

C'est une société familiale vieille de plus de 100 ans qui disparaît dans la région. Artmadis, le grossiste des arts de la table dont le siège est installé à Wasquehal (Nord) a été placé, ce mercredi soir, en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Tourcoing. Cette ancienne filiale du groupe verrier Arc International avait été rachetée par une société allemande, Murates en 2012.

Artmadis emploie 194 salariés en France, dont une centaine dans le Nord-Pas-de-Calais (60 à Wasquehal au siège et 50 à Arques dans un entrepôt) et une cinquantaine à Parthenay (Deux-Sèvres). Le déficit, l'an passé, a sonné le glas de l'entreprise qui possède notamment les marques Ménastyl (casseroles, poêles, fait-touts,...) et Novastyl (verres, assiettes,...). Les employés savaient que la santé financière de l'entreprise était délicate mais ils ne s'attendaient pas à mettre le clé sous la porte quasiment du jour au lendemain : 

C'est très dur. Mutares nous a mentis sur notre situation, on était en période d'observation depuis un an et on nous l'a appris qu'en avril ! On part sans mesures sociales, comme des chiens, avec rien !

Les employés en veulent beaucoup au directeur général sortant, parti sans un mot selon Tijanio Sobti, secrétaire du Comité d'Entreprise : 

C'était une sorte de mercenaire payé comme un Ministre, 15 000€ mensuel, plus les primes sur résultats qu'il a toujours pris même sans résultats 

Ménastyl, Novastyl, des marques connues

Les casseroles, les poêles Ménastyl, c'est Artmadis qui a crée cette marque.  L'entreprise était ce que l'on appelle dans les arts de la table un "assemblier" explique Yves Honoré, représentant des salariés : 

On crée des collections, on mariait des décors sur des casseroles, des assiettes pour créer des collections et c'est de là qu'est née la marque Ménastyl

3 000 clients, 5 000 références vendues

L'entreprise faisait fabriquer en Chine et en Europe et revendait ensuite aux grandes surfaces et aux sites internet de ventes privées. C'était le leader sur ce marché mais c'était difficilement rentable parce que l'actionnaire allemand n'investissait pas. Mutares qui dégage pourtant des bénéfices en Allemagne mais selon ces représentants du personne, les ordonnances Macron sur le Travail n'oblige plus désormais un actionnaire étranger à être responsable d'un plan social en France. Résultat, ces salariés devront se contenter des primes de licenciement légales payées par la collectivité grâce aux cotisations patronales.