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Économie – Social

"On assassine la Lorraine, à petit feu mais sûrement" : sur le site de France Transfo, à Maizières-lès-Metz

lundi 4 février 2019 à 3:31 Par Magali Fichter, France Bleu Lorraine Nord

94 emplois sont menacés sur les deux sites mosellans de France Transfo, filiale de Schneider Electric, sous le coup d'un plan social. A Maizières-lès-Metz, la moyenne d'âge est assez élevée, et on compte beaucoup de femmes parmi les salariés. Pour elles, un licenciement serait la double peine.

Le site France Transfo - Schneider Electric de Maizières-lès-Metz
Le site France Transfo - Schneider Electric de Maizières-lès-Metz © Radio France - Magali Fichter

Maizières-lès-Metz, France

On l'a appris au mois de janvier : France Transfo, filiale de Schneider Electric qui fabrique des transformateurs, va subir un nouveau plan social. 94 emplois sont menacés sur les 377 que comptent les deux sites mosellans, Ennery et Maizières-lès-Metz. C'est le site de Maizières qui serait le plus touché : il pourrait devenir une simple base logistique, la production serait alors recentrée sur Ennery. A Maizières, ils sont une centaine de salariés, avec une moyenne d'âge relativement élevée, et plus de femmes que d'hommes. Or, quand on est à la fois une femme et une senior, perdre son emploi, c'est la double peine, car il est beaucoup plus compliqué d'en retrouver un.

Beaucoup de femmes et une moyenne d'âge élevée

Marie et Marie partagent le même prénom et une longue carrière chez France Transfo - respectivement 40 et 37 ans de boîte. Elles ont commencé à travailler ici au tournant des années 70 et 80. Aujourd'hui, c'est l'angoisse : "Ils disent qu'on doit travailler plus longtemps, mais quand une société ferme comme ça, comment peut on ? Ceux de 58 ou 59, on leur dit, bon, ça y'est, on a plus besoin de vous. Et à 59 ans, vous allez retrouver quoi ? On ne vous prend même pas. Déjà que c'est dur pour une femme, en général, et pour nous, c'est encore pire !"

Plans sociaux en 2005, 2015, et 2019

En Moselle, France Transfo en est à son troisième plan social en quinze ans, avec notamment la fermeture, en 2015, du site de Marange-Silvange. Et pourtant, Marie et Marie ne pensaient pas qu'on en arriverait là : "On a fait un bon chiffre d'affaires l'année dernière. Et puis, c'est vrai qu'on fait moins de quantité qu'avant, mais on fait du spécifique, les appareils sont plus compliqués, plus durs à faire."

Tout le monde est concerné, du plus vieux au plus jeune" 

L'une des deux Marie a encore cinq ans à cotiser avant la retraite, l'autre y est presque. Mais c'est aussi aux autres, aux plus jeunes, qu'elles pensent : "J'ai fait 40 ans, j'aurais souhaité que les autres aussi puissent faire 40 ans", dit l'une. "Tout le monde est concerné, du plus vieux au plus jeune", renchérit l'autre. "Les plus jeunes, c'est compliqué pour eux aussi, certains ont acheté des maisons, ils se posent des questions !" Elle conclut en soupirant : "Pour moi, ils sont en train d'assassiner la Lorraine, à petit feu, mais sûrement. Et quand on a construit sa vie ici, difficile de se dire qu'on va aller ailleurs."