Économie – Social

Au "Babou" de Bagnolet, la grève illimitée "pour du respect"

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région mardi 4 octobre 2016 à 20:55

Les salariés de "Babou" en grève à Bagnolet
Les salariés de "Babou" en grève à Bagnolet © Radio France - Rémi Brancato

Pour la première fois, les salariés du magasin "Babou" de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, sont en "grève illimitée". Ils dénoncent le licenciement pour faute d'un collègue et demandent "du respect" de la part de leur direction.

"Je trouve qu'il y a de l'abus dans ce licenciement" attaque Wahiba Dayeg, déléguée CGT du personnel, sur le piquet de grève, devant le magasin Babou, située porte de Bagnolet, près du métro Gallieni. Comme ses collègues, quasiment tous grévistes depuis ce lundi, elle dénonce le licenciement d'un des 26 salariés du magasin et demande sa réintégration dans le magasin. Le 7 septembre, alors qu'il faisait des courses, à titre personnel, il a eu une altercation avec un collègue. La direction lui a notifié son licenciement pour faute par courrier la semaine dernière.

Pour le soutenir, ses collègues ont donc décidé d'arrêter le travail. "C'est totalement inédit, ce sont tous des smicards, et ils se mettent en grève, sont prêts à perdre des journées de salaire pour du respect" commente Jean-Pierre Blouch le secrétaire général de l'union locale de la CGT, venu les soutenir. "Du respect", car ce que dénoncent aussi les grévistes ce sont les conditions de travail et des "pressions" de la direction.

Une grève "pour du respect" explique Jean-Pierre Blouch de la CGT de Bagnolet

Les salariés dénoncent "un acharnement contre les gens qui travaillent"

"J'ai reçu un avertissement parce que je me suis absenté une journée alors que j'avais prévenu par téléphone et elle a jugé que je devais être averti pour une seule absence" raconte par exemple Said Smail, qui détaille aussi les retenus sur salaire de "quelques euros" pour des retards de quelques minutes, qui n'ont "jamais été notifiés verbalement".

Les salariés de Babou en grève soutiennent leur collègue licencié, Rémi Brancato

"C'est un acharnement contre les gens qui travaillent, qui se lèvent tôt le matin" conclue-t-il. "Si ce n'est pas un changement d'horaire, c'est un avertissement, si ce n'est pas un avertissement, c'est un blâme, il faut que cela s'arrête tout de suite" ajoute Rezki Zidane, l'autre délégué du personnel.

Dans le magasin, deux co-gérants de la SARL ont pris le relais des salariés aux caisses. Ils ne souhaitent pas répondre aux questions des journalistes. Consigne de l'enseigne Babou, précisent-ils. Hors micro, ils dénoncent des "accusations sans preuves" de la part des grévistes et soulignent que des faits graves ont été commis par le salarié licencié, qui aurait "frappé" son collègue.

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