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Économie – Social

Au moins 20.000 dossiers de nouveaux retraités seraient en attente de traitement en Ile-de-France

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

D'après les syndicats de la Caisse nationale d'assurance vieillesse d'Ile-de-France, au moins 20.000 dossiers de nouveaux retraités seraient concernés par des retards de traitement. Et donc souvent, par ricochet, de versement.

D'après les syndicats de la Cnav Ile de France, 20.000 dossiers seraient en attente de traitement
D'après les syndicats de la Cnav Ile de France, 20.000 dossiers seraient en attente de traitement © Maxppp - Christophe Morin

La Cnav est débordée. La Caisse nationale d'assurance vieillesse d'Ile de France l'assure, au moins 20.000 dossiers de nouveaux retraités attendent d'être traités. "Sur ces 20.000 dossiers, certains ont un point de départ dépassé, d'autres ont un point de départ très proche", précise Alexandre Tétard, de la CGT de la Cnav. Certaines personnes qui auraient donc déjà du toucher leur pension n'ont toujours rien. D'autres risquent de devoir attendre.

Sur la page Facebook de France Bleu, Mimi assure avoir envoyé son dossier en recommandé au mois de janvier pour toucher sa retraite à partir du 1er juin."Sur internet tout était ok, on pouvait suivre les étapes du dossier, mais en mai, toujours rien, pas de nouvelle, pas de notification", raconte-t-elle. Elle passe des coups de téléphone et envoie des mails, mais assure n'avoir reçu aucune réponse jusqu'à ce mardi.

Des retraités se retrouvent sans rien

"Je n'avais plus rien pour vivre. J'ai 62 ans, j'ai travaillé dès l'âge de 16 ans", poursuit Mimi. Finalement son dossier "a été régularisé il y a deux jours, soit huit mois après sa réception et avec trois mois de retard". "Il était pourtant complet, aucune demande complémentaire ne m'a été faite", ajoute la jeune retraitée avant de se fendre d'un conseil à ceux qui formulent leur première demande : "Faites des économies pour anticiper plusieurs mois sans ressources".

Il y a un vrai problème d'effectifs" - Alexandre Tétard, de la CGT de la Cnav

Selon la CGT de la Cnav, il y a un vrai problème d'effectifs "que ce soit au niveau de la plateforme téléphonique ou des agences où l'on traite les dossiers". Pour Alexandre Tétard, du syndicat, la situation est regrettable, mais il fallait s'y attendre : "C'est la conséquence des baisses d'effectifs régulières depuis 1995 et qui se sont accélérées ces dix dernières années. On a besoin de plus de moyens humains pour d'abord traiter les dossiers et ensuite assurer notre mission de service public", précise-t-il.

Le problème des pensions en attente ou en retard n'est pas nouveau. Déjà en 2015, la CGT alertait l'exécutif à travers un communiqué intitulé "Le gouvernement attend-il une catastrophe généralisée pour donner à la CNAV les moyens dont elle a besoin ?". Le syndicat évoquait alors des "retards qui s'accumulent dans toute la branche et des nouveaux retraités qui attendent leur première pension pendant plusieurs mois".

La direction de la Cnav reconnaît quelques difficultés mais pour d'autres raisons

Ce chiffre de 20.000 dossiers en attente, la direction de la Cnav le conteste. Pascal Emile, directeur délégué de la Cnav, admet malgré tout que la caisse rencontre quelques difficultés actuellement."Depuis le début de l'année, on a un niveau de dépôt de retraite qui s'est largement accéléré, les effets d'annonce de la réforme des retraite font que les gens demandent plus précocement leur demande de retraite". C'est faux rétorque la CGT qui assure qu'il y a moins de dossiers qu'à la même période l'an dernier.

Depuis le début de l'année, on a un niveau de dépôt de retraite qui s'est largement accéléré" - Pascal Emile, directeur délégué de la Cnav

Quoi qu'il en soit, les retraités concernés ont parfois du mal à comprendre. "J'ai commencé à monter mon dossier l'année dernière", raconte Philippe qui est à la retraite depuis le mois de février. "J'ai fourni tous les papiers plusieurs fois, mais on me demandait toujours des documents alors je renvoyais", assure celui qui a commencé à travailler en 1973. En juillet, "la Cnav m'a finalement informé qu'elle allait régulariser ma situation et me verser ce qu'elle me doit depuis février, on parle quand même de plus de 800 euros mensuels, ça va faire du bien", poursuit Philippe.

J'ai envie de péter les plombs, d'aller défoncer des portes" - Philippe, retraité

"Heureusement je suis pompier volontaire, ajoute-t-il, ce qui m'a permis d'avoir quelques ressources, mais sans ça, j'aurais fini par ne plus rien avoir à manger, devoir coucher sous les ponts... J'ai envie de péter les plombs, d'aller défoncer des portes, parce qu'en plus je ne suis pas tout seul, j'ai des amis dans le même cas".

Dans certains cas, tout se passe bien

Plusieurs commentaires sur la page Facebook de France Bleu montrent que, parfois, tout se passe bien. "En Indre et Loire, pas de problème, les personnes sont compétentes", assure Martine. "Moi j'ai fait ma demande en janvier et j'ai pris ma retraite en mars, j'ai touché ma première pension en mai, ça a été rapide pour mon cas", ajoute Rose.