Économie – Social

VIDEO | Gouvix dit adieu à son patrimoine industriel

Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) jeudi 15 octobre 2015 à 19:53

De nombreux villageois ont immortalisé le dynamitage
De nombreux villageois ont immortalisé le dynamitage © Radio France - Olivier Duc

Les fours à griller dominaient la campagne de Gouvix depuis les années 1920. Ils étaient le vestige marquant de l'histoire minière de la petite commune située au sud de Caen. Son état représentant un danger pour la sécurité, le bâtiment de 42 mètres de haut a été dynamité jeudi.

Le propriétaire du site et la commune avaient aménagé un site pour assister à distance à la destruction des fours. Ils se doutaient bien que les villageois et les familles des mineurs viendraient nombreux voir la disparition de ce vestige de l'histoire minière de la commune. Arrêté depuis 1969, le bâtiment en béton montrait des signes inquiétants d'érosion.

"Là c'est une question de sécurité", explique Eric, "cela peut se comprendre mais le fait de détruire des vestiges comme cela au bout d'un moment il ne restera plus grand chose du patrimoine de la France".

A ses côtés, David et sa famille ont installé plusieurs caméscopes. Son père a travaillé pendant vingt ans à partir des années cinquante sur les fours à griller le minerai. "Il travaillait à l'endroit le plus difficile des fours. Il faisait tomber le minerai dans les wagons, ce qui dégageait énormément de poussières. C'était une partie du travail ingrat".

"A détruire des vestiges comme cela, au bout d'un moment il ne restera plus grand chose du patrimoine"

Symbole de l'importance du moment, les cinq classes et la centaine d'enfants de l'école du village ont assisté au dynamitage. Quelques heures plus tôt, André Costy, l'un des derniers mineurs à avoir travaillé sur le site, leur a raconté l'histoire de la mine de fer et de ses fours. 

"Quand je leur ai dit que j'avais commencé à travaillé à quatorze ans, ils se sont tous regardés parce qu'à quatorze ans, eux sont à l'école", sourit André.

En quelques secondes, l'explosion de la dynamite réduit la structure en gravats de béton. Djamila ne peut retenir ses larmes : "Je ne peux m'empêcher de penser à mon beau-père. Je ne pensais pas que je serais aussi émue".

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