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Économie – Social

Audun-le-Tiche : la carrière de la discorde

mardi 5 décembre 2017 à 8:21 Par Clément Lhuillier, France Bleu Lorraine Nord

Un projet d'exploitation de carrière de calcaire divise les élus locaux et une partie de la population.

Les opposants craignent que l'ouverture d'une nouvelle carrière n'augmente le nombre de camions sur la RD16 qui traverse Aundun-le-Tiche
Les opposants craignent que l'ouverture d'une nouvelle carrière n'augmente le nombre de camions sur la RD16 qui traverse Aundun-le-Tiche © Maxppp - NEU Philippe

Audun-le-Tiche, France

Le 1er décembre dernier, le Préfet de Moselle signait un arrêté d'autorisation pour l'exploitation d'une carrière de calcaire à Audun-le-Tiche. Un revirement de situation dans un dossier qui provoque depuis plusieurs années des tensions entre, d'une part, la mairie de la commune, favorable à ce projet, et d'autre part, plusieurs associations citoyennes, soutenues par les maires des communes voisines de Villerupt et Aumetz.

50 à 70.000 euros par an pour Audun-le-Tiche

Lucien Pionavo ne s'en cache pas : le maire d'Audun-le-Tiche est l'avocat principal de ce projet, pour la première fois évoqué en 2012.

Il s'agirait de la huitième carrière en exploitation à Audun-le-Tiche. La dernière s'est arrêtée à la fin des années 70. Et il n'y a jamais eu de problème, ni pour les galeries de mines, ni pour la qualité de l'eau.

L' élu met également en avant les différents feux verts accordés par les différents services de l'Etat, et l'exemple de la commune voisine d'Ottange, où une grande carrière est exploitée depuis plusieurs années, sans nuisances notoires pour la population. Enfin, le maire souligne les retombées financières que verserait l'exploitant, Cogesud, "50.000 à 70.000 par an, pendant 25 ans ! Comme toutes les communes du secteur, nous avons été sinistrés après la fermeture des mines. Ce sont autant d'impôts qui ne seraient pas demandés aux habitants." Une manne pareille ne se refuse donc pas... Lucien Pionavo voit dans l’opposition à ce projet une posture purement politique.

Nuisances multiples

Face à Lucien Piovano, pas moins de cinq associations font front commun pour s'opposer à ce projet. Elles se nomment "Non à la carrière", ou "Forum Citoyen Audunois". Elles font circuler une pétition qui a recueilli 3000 signatures, et entendent bien utiliser toutes les armes pour faire capoter ce projet. "Nous nous y opposons pour notre cadre de vie", explique Frederic Pokrandt, vice-président du Forum Citoyen Audunois, qui énumère les raisons de ce rejet : la destruction de pelouse calcaires remarquables, l'enfouissement sur le site de déchets par des entreprises et "les conséquences sur la qualité de l'eau", la présence de galerie minières anciennes, "les tirs d'explosifs vont les fragiliser." Sans compter la poussière, l'impact sur la valeur des habitations riveraines, et la circulation des poids lourds sur une RD16 déjà saturée quotidiennement par les frontaliers. Frederic Pokrandt pointe également les risques pour les réseaux d'eau et de gaz qui passent de part et d'autre de la parcelle concernée. Les services de l'Etat ont pourtant donné leur autorisation ? "On sait que dans ce genre de dossier, les services préfectoraux sont toujours du côté des exploitants", faisant remarquer que ces études n'intègrent pas la présence à proximité d'un gros éleveur porcin.

Les craintes de Villerupt

Des inquiétudes largement partagées par le maire de Villerupt, qui relève pour sa part la proximité de la future carrière avec le quartier Robespierre, construit sur un sous-sol truffé de cavités karstiques, c'est à dire troué naturellement par l'érosion de la roche par l'eau. Alain Casoni rappelle deux épisodes d'effondrement d'habitations dans le secteur sur les quarante dernières années. "Qu'en sera-t-il avec des tirs d'exploitation ?" se demande l'élu pour qui ce projet ne s'inscrit pas non plus dans la philosophie de l'aménagement et du développement économique de la zone d'Alzette-Belval.

On ne peut pas au nom de rentrées d’argent, si bénéfiques soient elles, mettre en danger la sécurité d’un territoire

En 2015, l'opposition massive de la population avait conduit l'enquêteur public à rendre un avis défavorable. C'est sur cette base que la préfecture de Moselle n'avait pas délivré son autorisation pour démarrer l'exploitation. Saisi par Cogesud, le tribunal administratif de Strasbourg a cassé cet arrêté en octobre dernier, et contraint le Préfet a finalement délivrer son feu vert. D'ores et déjà les opposants réfléchissent, à leur tour à un recours en justice.