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Dossier : Coronavirus

Le coronavirus met les micro-brasseries sous pression, leurs chiffres d'affaires sont en dépression

Il existe 150 micro-brasseries en Rhône-Alpes, presque toutes de jeunes entreprises, dont les chiffres d'affaires s'effondrent. Leur principal débouché, les bars et les restaurants, sont tous fermés. Restent les cavistes, supérettes et, parfois, les livraisons aux particuliers.

Interdit aux mineurs
Interdit aux mineurs - capture d'écran

Sans le coronavirus, avec le beau temps qui règne sur la région depuis la mi-mars, les brasseurs auraient dû exploser leurs chiffres d'affaires. Hélas, certains sont en chute de 80%. Même le géant Heineken annonce un bénéfice en recul de 70% sur le mois de mars. En France, le SNBI (Syndicat National des Brasseurs Indépendants) annonce des chiffres d'affaires en baisse de 80 à 100%. "Certaines brasseries sont au bord du précipice" dit-il. Fermetures des bars, annulation des événements sportifs et culturels, les micro-brasseries sont en danger.

"C'est comme si on était sur l'autoroute à 130 et qu'on avait mis un coup de frein à main"

Comme presque toutes les entreprises, la Brasserie des Cuves (Sassenage, banlieue de Grenoble) a mis ses neuf salariés en chômage technique. Au début de la crise, cette entreprise, créée il y a cinq ans, connaissait une croissance de 60% sur le début d'année, avec une gamme de douze bières vendues aux deux tiers en fûts. Stéphane Louvion, l'un des deux gérants, raconte : "c'est comme si on était sur l'autoroute à 130 et qu'on avait mis un coup de frein à main".

La Brasserie des Cuves
La Brasserie des Cuves -

A Grenoble, La Furieuse, basée à Sassenage également aura trois ans le 3 mai. Elle était en pleine expansion. Selon l'un des associés, "notre chiffre d'affaire a très fortement diminué de 80%, explique Antoine Molin, on a la chance d'avoir un peu de trésorerie, donc on pourrait tenir un certain temps. Combien ? On ne sait pas trop". "Le but du jeu, poursuit Stéphane Louvion, c'est de garder la tête en dehors de l'eau. On continue à produire, on fournit un peu les supermarchés, les petites supérettes, épiceries, fromagers qui sont partenaires et qui nous soutiennent bien sûr dans cette période. Fort heureusement, il y a une solidarité qui est bien présente et qui est soulignée par cette période. On sait tous qu'on va perdre de l'argent. Le but du jeu, c'est d'en perdre le moins possible pour rester en vie".

Le reportage sans alcool de Gérard Fourgeaud

Le déconfinement le 11 mai ?

"Le déconfinement pour nous n'est pas synonyme de reprise, prédit le gérant de la Brasserie des Cuves, nous dépendons énormément des bars et des restaurants. Il faut qu'on puisse les ouvrir, de façon partielle s'il le faut. Si, eux ne repartent pas, on ne repart pas".  La pérennité de l'entreprise ? "Si ça s'arrête là, ça ira, mais s'il y a résurgence du virus, ça risque d'être compliqué pour nous, comme pour beaucoup d'autres malheureusement. _On a demandé des aides. On verra ce à quoi on a droit. Pour l'instant, ce n'est pas sur l’État que je compte. On compte vraiment sur nous-mêmes. Il y a deux gros points : les salaires et les crédits. Les crédits ont été reportés de six mois. Ce qui nous soulage beaucoup. Le fait d'avoir encore les charges salariales à payer, c'est un peu compliqué. On fait avec. Nous avions deux produits qui devaient sortir – une bière et une limonade – on attend le 11 mai pour savoir quoi en faire_". 

Les associés de la Furieuse devant les cuves thermo-refrigérées, récemment achetées
Les associés de la Furieuse devant les cuves thermo-refrigérées, récemment achetées -

"C'est l'avantage d'avoir investi, avant la crise, dans trois nouvelles cuves thermo-régulées pour conserver ce qui est produit. Ça va permettre de clarifier la bière, raconte Antoine Molin, l'un des associés, mais certaines bières, un peu plus modernes comme les I.P.A, un peu plus houblonnées, vont quand même devoir être conservées moins de six mois, si on veut avoir quelque chose de très bon en bouche, avec des arômes bien fruités". Son associé, Simon Buron poursuit : _"notre marché fonctionne surtout avec des professionnels, bars, restaurants, événements sportifs, culturels_. Il y a des brasseries qui ont mis en place des systèmes de drive ou de livraisons à domicile. Nous, le but c'était de limiter absolument les contacts. Dans cette logique, on a décidé de fermer la boutique aux particuliers. Des commerces locaux, des cavistes vendent nos bières. On s'est dit que c'était plus malin que ces derniers restent ouverts et qu'ils vendent nos bières plutôt que, nous, on se déplace chez les gens, qu'on augmente les contacts entre les personnes". 

S'il n'y a pas de deuxième vague de confinement due au coronavirus, les brasseurs s'en sortiront, comme les autres métiers, sinon attention aux dégâts pour l'économie et donc pour l'emploi et à la misère. 

La carte des micro-brasseries en Rhône-Alpes
La carte des micro-brasseries en Rhône-Alpes -
Les cuves de la Brasserie des ... cuves
Les cuves de la Brasserie des ... cuves -
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