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Dossier : Coronavirus Covid-19

PHOTOS - Coronavirus : avec les livreurs à vélo de La Rochelle

- Mis à jour le -
Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu Poitou, France Bleu

À La Rochelle, une quinzaine de restaurants sont désormais ouverts pour des plats à emporter. Poussés par leurs plate-formes, une vingtaine de livreurs ont repris du service. Mais les commandes restent rares.

Hossein et ses compatriotes pakistanais réfugiés à La Rochelle se sont investis dans la livraison de plats via des plateformes. Ce vendredi midi, ils n'ont reçu que deux commandes en trois heures.
Hossein et ses compatriotes pakistanais réfugiés à La Rochelle se sont investis dans la livraison de plats via des plateformes. Ce vendredi midi, ils n'ont reçu que deux commandes en trois heures. © Radio France - Julien Fleury

En attendant le déconfinement, la vie reprend lentement dans le monde de la restauration. À La Rochelle, une quinzaine de restaurants ont désormais rouvert partiellement, pour proposer des plats à emporter. Ils n'étaient que deux ou trois à maintenir leur activité dans les premiers jours du confinement.

Les livreurs à vélo sont également de retour, ils sont une vingtaine actuellement à circuler en ville. Tout le monde espère retrouver rapidement une activité normale. Mais on en est encore loin. Les commandes restent rares. Mais rouvrir son établissement, ou reprendre son vélo, c'est déjà retrouver un peu d'espoir pour une filière économique laminée par la fermeture des commerces non essentiels.

Réouverture en forme de test

Nicolas Hervé, chef de cuisine du Pitaya à La Rochelle, découpe du boeuf, en vue de la réouverture ce samedi de son restaurant, pour de la vente à emporter. Un test, pour voir si la demande est là.
Nicolas Hervé, chef de cuisine du Pitaya à La Rochelle, découpe du boeuf, en vue de la réouverture ce samedi de son restaurant, pour de la vente à emporter. Un test, pour voir si la demande est là. © Radio France - Julien Fleury

Alex est de retour dans la cuisine du restaurant Pitaya, rue Saint-Jean-du-Pérot, après un mois d'absence. Masque sur le nez, le jeune homme est occupé à découper du poulet, en prévision de la réouverture de son restaurant, pour ce samedi. Quinze kilos de poulet à émincer. Même quantité de boeuf. Une réouverture en forme de test pour ce restaurant spécialisé dans les plats asiatiques cuisinés au wok.

Alors que la rue Saint-Jean-du-Pérot, connue pour ses nombreux restaurants, est désespérément vide et silencieuse, c'est peu dire qu'Alex attendait cette réouverture : "J'habite quand même dans 42 m2. Pour faire du sport, ce n'est pas trop la joie. Donc oui, ça fait plus que du bien !"

Les amateurs semblent impatients. Le Pitaya rouvre ses portes à La Rochelle. Uniquement à emporter, ou par coursier. Quoi qu'il arrive, ça ne compensera pas un mois d'avril qui s'annonce radieux.
Les amateurs semblent impatients. Le Pitaya rouvre ses portes à La Rochelle. Uniquement à emporter, ou par coursier. Quoi qu'il arrive, ça ne compensera pas un mois d'avril qui s'annonce radieux. © Radio France - Julien Fleury

Soigner les finances

Voilà qui va aussi faire du bien aux finances de l'établissement, se réjouit le chef de cuisine, Nicolas : "surtout avec la météo actuelle, on aurait fait un très gros mois d'avril. Bon là, ça nous passe sous le nez. On va redémarrer comme on peut avec trois employés et le patron, alors qu'habituellement nous sommes une dizaine."

Le restaurant fonctionnera uniquement en vente à emporter, directement par une fenêtre de l'établissement. Ou avec les livreurs à vélo, qui remontent peu à peu sur leur monture, relancés par leurs plateformes. À La Rochelle, ils sont une bonne vingtaine à circuler désormais.

Depuis le confinement, la rue Saint-Jean-du-Pérot est vide et silencieuse. Mais depuis quelques restaurateurs se lancent dans la vente à emporter et rouvrent leurs établissements.
Depuis le confinement, la rue Saint-Jean-du-Pérot est vide et silencieuse. Mais depuis quelques restaurateurs se lancent dans la vente à emporter et rouvrent leurs établissements. © Radio France - Julien Fleury

Des commandes encore timides

Mais les commandes peinent à suivre pour Hossein, réfugié pakistanais reconverti dans la livraison, avec quelques compatriotes : "On est resté ici, près de la Grosse horloge, pendant deux ou trois heures, pour juste une ou deux commandes. C'est très long, mais il faut travailler. Si on s'arrête de travailler, il faudra demander une prime coronavirus", ce que ne veut pas faire Hossein, fier de subvenir seul à ses besoins.

Sans le coronavirus, Andréa serait en stage dans un hôtel de la côte atlantique au Mexique. Au lieu de ça, cette étudiante de 23 ans vit confinée à La Rochelle. Cette semaine elle a repris son vélo pour une plateforme de livraison de repas. "Il n'y a pas beaucoup de restaurants ouverts, ou ils sont ouverts seulement quelques heures par jour, constate Andréa. Donc ce n'est pas évident."

Andréa et Hussein se demandent bien où est le bon spot, celui qui rapporte le plus de commandes. Andréa n'a engrangé que 60 euros cette semaine, mais a besoin de quitter son confinement.
Andréa et Hussein se demandent bien où est le bon spot, celui qui rapporte le plus de commandes. Andréa n'a engrangé que 60 euros cette semaine, mais a besoin de quitter son confinement. © Radio France - Julien Fleury

Échapper au confinement

Andréa n'est donc pas près de retrouver son revenu d'avant le confinement, autour de 250 euros par semaine pour cette étudiante qui ne travaillait que le soir. "Là, j'ai gagné 60 euros depuis le début de la semaine." Mais au moins Andréa peut s'arrêter de manger. Principale activité durant son confinement, ce qui a fait exploser son budget alimentaire.

Son retour en selle n'empêche pas la jeune femme de s'interroger sur son utilité : "commander des repas, c'est prendre des risques je trouve. Même si on respecte les règles d'hygiène." Les risques, pour Sammy, étudiant algérien confiné à La Rochelle, "ce n'est pas la question". Le jeune homme de 23 ans se protège comme il peut, en se tenant à distance des clients au moment de la livraison.

Sammy et Benjamin n'ont jamais vraiment arrêté leurs livraisons. Le premier est étudiant, triste de rater un stage pour cause de confinement. Le second s'est lancé à temps plein dans les courses.
Sammy et Benjamin n'ont jamais vraiment arrêté leurs livraisons. Le premier est étudiant, triste de rater un stage pour cause de confinement. Le second s'est lancé à temps plein dans les courses. © Radio France - Julien Fleury

Payer le loyer, les factures

Comme ses collègues livreurs, Sammy ne porte pourtant pas de masque, pas très compatible avec le vélo. De toute façon, impossible pour lui de rester confiné toute la journée : "je n'ai pas d'autre travail, et je dois travailler pour payer le loyer et tout." Sammy lui aussi enrage de ne pas avoir pu effectuer son stage de fin d'année, ce qui ne le prive pas seulement de ressources, mais de compétences pour décrocher une bonne situation.

Mais au moins, pour Sammy, les affaires tournent à peu près : "pas comme avant, mais ça va." Benjamin lui ne s'est jamais arrêté de pédaler pendant le confinement. Mais il constate que la concurrence s'aiguise : "au début du confinement, les livreurs se sont dit : on va rester chez nous, avec le corona ça va être un peu dangereux. Mais au fil des semaines, on voit ressortir de plus en plus de livreurs, donc le chiffre d'affaires individuel s'est un peu réduit."

Les cuisiniers du New Rochelle ne se sont jamais arrêtés de fabriquer des burgers. Gros succès dans les premières semaines du confinement. Mais les choses se normalisent.
Les cuisiniers du New Rochelle ne se sont jamais arrêtés de fabriquer des burgers. Gros succès dans les premières semaines du confinement. Mais les choses se normalisent. © Radio France - Julien Fleury

Fonds de solidarité

Benjamin arrive malgré tout à s'en sortir. Il a même pu bénéficier du fond de solidarité pour les auto-entrepreneurs. 600 euros encaissés pour le mois de mars. Il mise maintenant sur une réouverture progressive des restaurants, au moins pour la vente à emporter.

Les affaires vont bien en tout cas pour Benjamin, cuisinier pour un resto de burgers à emporter, le New Rochelle, rue Vieljeux, tout près du vieux port. L'un des seuls à ne pas avoir fermé du tout depuis le confinement : "durant deux à trois semaines, ça a bien bougé. Tant mieux, ça nous a fait découvrir par de nouveaux clients." Avec la réouverture de quelques restaurants, dont une chaîne américaine spécialisée dans le poulet, "on n'a plus trois commandes à la minute, et ça nous permet de souffler."

Dernière commande à 21h30

En Charente-Maritime, les restaurants partis dans la vente à emporter bénéficient d'une petite tolérance à la fermeture des commerces à 21h décidée par le préfet. Ils peuvent rester ouverts jusqu'à 21h30 pour honorer les commandes passées jusqu'à 21h.

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