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Économie – Social

Avec moins de baisses d'impôts que prévu, le budget 2018 présenté ce mercredi en Conseil des ministres

mercredi 27 septembre 2017 à 8:25 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Avec sept milliards d’euros de baisses d'impôts au lieu des dix promis, le premier budget du quinquennat d'Emmanuel Macron, celui de l'année 2018, doit être présenté ce mercredi en Conseil des ministres.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin sont à la tête de Bercy.
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin sont à la tête de Bercy. © AFP - Martin Bureau

Sept milliards d'euros au lieu des dix jusque-là promis : le premier budget du quinquennat d'Emmanuel Macron, présenté ce mercredi, sera moins ambitieux en matière de baisses d'impôts que ce qui avait été annoncé par l'exécutif concernant l'année 2018. Alors que Bercy doit détailler officiellement son texte budgétaire mercredi matin en Conseil des ministres, un avis du Haut conseil des finances publiques (HCFP), consulté par l'agence AFP, lève une partie du voile sur ce texte à haute valeur symbolique pour l'exécutif.

La baisse des cotisations sociales décalée pour les salariés

"Pour 2018, les mesures nouvelles représentent environ sept milliards d'euros de baisses nettes des prélèvements obligatoires", indique dans cet avis le HCFP, organe indépendant chargé d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires. Un montant nettement moins élevé que ce que promettait le gouvernement jusque-là. "Nous baisserons les impôts à fin 2018 d'environ 10 milliards d'euros", assurait encore mi-septembre le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans un entretien au Monde. A l'origine de cette différence, la décision annoncée fin août de décaler à l'automne une partie de la baisse des cotisations chômage et maladie prévue pour les salariés du secteur privé, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. Cette baisse se fera ainsi en deux étapes, avec une réduction de 2,2 points au 1er janvier et une seconde de 0,95 point au 1er octobre, alors que la hausse de 1,7 point de la CSG, destinée à compenser le coût de cette mesure pour les finances publiques, se fera intégralement début janvier. "En année pleine, la baisse" des prélèvements obligatoires liée aux réformes fiscales du projet de loi de finances "sera bien de 10 milliards", a expliqué à l'AFP la source proche du dossier, assurant que les objectifs seraient tenus.

Une équation budgétaire quasi insoluble

Ce n'est pas la première fois, cependant, que le gouvernement revoit ses ambitions. Confronté à une équation budgétaire quasi insoluble, Bercy avait déjà révisé début septembre le montant des baisses d'impôts, de 11 à 10 milliards d'euros. Le Haut conseil, dans son avis, juge par ailleurs "raisonnable" le "scénario macroéconomique" retenu par le gouvernement, qui confirme une prévision de croissance de 1,7% et un déficit public de 2,6% du produit intérieur brut (PIB) pour 2018. Le gouvernement, pour des raisons budgétaires, a également revu à la baisse la semaine dernière ses ambitions en matière de dépense publique, passant de 20 milliards d'euros à 16 milliards d'euros d'économies, dont huit pour le seul périmètre de l'Etat. Mais ce nouvel objectif reste difficile à atteindre, alors que Bercy doit, outre les baisses d'impôts, intégrer plusieurs milliards d'euros de dépenses nouvelles, liées aux décisions prises sous François Hollande mais aussi aux promesses de campagne d'Emmanuel Macron.

Le budget de certains ministères en hausse

Plusieurs portefeuilles ministériels sont ainsi annoncés en hausse, à l'image de la Justice (+3,8%), de l'Enseignement supérieur (+700 millions d'euros) et la Défense (+1,8 milliard d'euros). En contrepartie, trois secteurs seront principalement mis à contribution : l'emploi, avec une réduction drastique des contrats aidés, le logement, avec une forte baisse des APL, notamment dans le logement social, et les transports, avec le gel probable de plusieurs grands projets d'infrastructures.

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