Économie – Social

Baisse des prix à la consommation : est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 19 février 2015 à 12:54

La baisse des prix peut-elle à terme avoir des effets négatifs ?
La baisse des prix peut-elle à terme avoir des effets négatifs ? © MaxPPP

L'indice des prix à la consommation a baissé de 0,4% en janvier dernier par rapport au même mois en 2014, selon l'Insee jeudi. Avec cette nouvelle baisse, la France est entrée pour la première fois depuis 2009 en inflation négative, rejoignant plusieurs pays d'Europe dans ce cas. Que cela signifie-t-il, et quelles conséquences pour les consommateurs ?

L'indice des prix à la consommation a affiché en janvier une baisse de 0,4% par rapport au même mois de 2014, a annoncé jeudi l'Insee, précisant que la France n'avait pas connu d'inflation négative depuis octobre 2009 . De décembre 2014 à janvier 2015, les prix ont flanché encore plus nettement, de 1%.   

Qu'est-ce que l'inflation négative ? 

Puisque les prix à la consommation sont en recul (-0,4%), l'Insee parle d'inflation négative. Mais pourquoi ne pas parler tout simplement de déflation ? Cette question sémantique divise les spécialistes : pour certains, cela revient au même. C'est d'ailleurs le cas pour l'Insee, qui sur son site internet dit de la déflation qu'elle "est une inflation négative"

Pour d'autres, la nuance est dans la durée : l'inflation négative correspond à un recul passager des prix . C'est le cas de la France aujourd'hui, qui ne compte qu'un seul mois de baisse. Elle entrerait en déflation si cette tendance perdurait. En outre, la notion de déflation prend aussi en compte l'évolution des salaires

Pourquoi ce phénomène ? 

Inflation négative ou déflation, quoi qu'il en soit la France n'avait pas connu cela depuis cinq ans. L'Insee donne comme principal élément d'explication les soldes d'hiver ayant entraîné une baisse des prix des produits manufacturés de 3,2% entre décembre et janvier dernier. 

À cela s'ajoute un fort recul des prix de l'énergie , qui lui est discontinu depuis six mois. 

La France rejoint la liste de plus en plus longue des pays européens entrés en inflation négative, de l'Allemagne à la Grèce en passant par l'Espagne.

La baisse des prix est-elle forcément positive ? 

Au premier coup d'oeil, voir les prix baisser est une bonne nouvelle pour les consommateurs. Mais là encore, la temporalité est déterminante. Si ce recul des prix se poursuivait encore plusieurs mois, la déflation serait bel et bien là, et ce serait un danger pour l'économie française. 

Voici l'équation : une baisse des prix couplée à une baisse des salaires, le tout sur une longue période, va finir par échauder consommateurs et entreprises qui vont geler respectivement leurs achats et leurs investissements . Ajoutez à cela une baisse des recettes de TVA de l'État, vous obtenez une spirale douloureuse et difficile à briser. 

L'exemple le plus connu est celui du Japon , dont la croissance spectaculaire a été stoppée au milieu des années 90 par un phénomène de déflation dont le pays a mis 20 ans à sortir. 

Mais jeudi, l'Insee se veut rassurant : il évoque un autre indice très surveillé, l'inflation "sous-jacente", qui exclut certains biens volatils comme l'énergie et serait donc plus représentatif de l'économie profonde. Cette inflation a augmenté de 0,2% en janvier.