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Bas-Rhin : 50 tonnes de saumon fumé "retenues" symboliquement à l'usine Delpierre de Wisches

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Les salariés de l'usine Delpierre (groupe Labeyrie) de Wisches (Bas-Rhin), qui doit fermer ses portes, ont retenu ce mercredi 50 tonnes de saumon fumé dans les frigos de l'entreprise, afin de négocier de meilleures conditions de départ.

Les salariés veulent ainsi montrer leur mécontentement face aux conditions de départ offertes par la direction.
Les salariés veulent ainsi montrer leur mécontentement face aux conditions de départ offertes par la direction. © Radio France - Olivier Vogel

A l'approche des fêtes, les salariés ont décidé d'appuyer là où ça fait mal. Les employés de l'usine Delpierre (groupe Labeyrie) de Wisches (Bas-Rhin), ont décidé ce mercredi 16 décembre, de retenir brièvement dans l'usine 50 tonnes de saumon fumé. Ils ont ainsi voulu montrer leur mécontentement face aux conditions offertes par la direction pour leur départ. L'usine va en effet fermer ses portes prochainement.

"Le blocage du site, stratégique en période de fête, est le point de départ de la construction d'un rapport de force qui doit obliger la direction à revoir sa copie", indique le syndicat FGTA-FO. Les salariés sont en grève depuis lundi et des négociations sont en cours entre la direction et des représentants du personnel à Paris. Les 50 tonnes de saumon fumé non traité représentent une valeur de 200.000 euros environ, selon les salariés.

Des gendarmes venus libérer la marchandise

"Si cette marchandise n'est pas expédiée rapidement elle va se périmer", a regretté un porte-parole du groupe Labeyrie. "C'est un moyen de pression pour nous", explique Léonard Damien, représentant FO. A la mi-journée, un huissier est venu constater l'action, avant que les gendarmes n'interviennent. Les salariés de l'usine ont ralenti symboliquement le chargement, mais n'avaient pas l'intention de bloquer complètement les livraisons. Le chargement du saumon fumé a débuté en début d'après-midi..

La fermeture de l'usine, qui emploie actuellement 83 personnes en CDI et 50 intérimaires, avait été annoncée en septembre 2019 et programmée initialement pour le premier semestre 2020. Mais la crise sanitaire a retardé le processus. "On pense qu'on fermera en février, mais on n'en est pas complètement sûrs", a déclaré à l'AFP Julien Blanchet, élu CGT. "On veut partir avec ce que les dirigeants nous avaient promis avant de revenir sur leur parole : on veut un congé de reclassement, une formation et des indemnités supra-légales. Mais pour l'instant la direction est fermée à toute discussion".

De son côté, la direction affirme vouloir "privilégier le dialogue social", selon le porte-parole du groupe Labeyrie. "L'idée est de co-construire le cadre du PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) et des mesures d'accompagnement. Toutes ces mesures sont à discuter de part et d'autre, mais le but c'est que ces négociations permettent d'arriver à un accord".

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