Économie – Social

Bel Maille liquidée : 58 emplois supprimés

Par Valentine Letesse, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 16 octobre 2014 à 19:55

Bel maille
Bel maille © Google Street View

L'entreprise de tissage de Riorges, près de Roanne, va fermer ses portes. Le tribunal de commerce de Roanne, dans la Loire, a rendu sa décision ce jeudi. Les 58 salariés se retrouvent sans emploi. Pour une majorité d'entre eux, la faute en revient exclusivement au PDG.

La liquidation judiciaire décidée par le tribunal de commerce de Roanne ce jeudi 16 octobre ne surprend aucun salarié de l'entreprise Bel Maille. Et pour cause, la seule offre de reprise proposée par Amadys Group, société tunisienne, a été jugée non viable la veille. Ce sont donc 58 salariés qui se retrouvent sans emploi et qui en ont gros sur le cœur. Pour la majorité d'entre eux, la fermeture de Bel Maille, c'est avant tout la faute de leur PDG.

"Ziegler a siphonné l'entreprise"

En 2009, Stéphane Ziegler rachète l'entreprise Bel Maille pour six millions d'euros au couple Bel, qui part à la retraite. L'entreprise fonctionne bien, elle a des bases solides et saines, notamment au niveau financier. D'ailleurs en 2011, le chiffre d'affaires de la société de textiles frôle les dix-neuf millions d'euros . C'est à cette époque que Stéphane Ziegler, PDG, décide de changer de politique. Bel Maille produira dorénavant uniquement du textile haut de gamme, de luxe. Les contrats concernant les tissus grands publics sont abandonnés, même s'ils rapportent. Un choix de production qui déconcerte les syndicats. Pour eux, c'est un mauvais choix de gestion. C'est un fait, en 2014, le chiffre d'affaires de Bel Maille a été divisé par quatre, il n'est plus que de cinq millions d'euros . L'entreprise est placée en redressement judiciaire au mois de juin 2014. "C'est de l'incompétence" pour David Thomas, élu du CE et délégué CGT.

Selon cette salariée, Ziegler avait tout prévu: "Il a siphonné l'entreprise. Il savait qu'il ne resterait pas. Et nous on l'a compris il y a déjà un moment." Car depuis longtemps déjà, l'ambiance dans l'entreprise est délétère. Selon les syndicats, le patron enchaîne les licenciements abusifs pour fautes graves et incompétences. "Il a viré tous les cadres qui avaient du caractère parce qu'il ne supporte pas qu'on lui tienne tête" explique t-elle. Cette secrétaire décrit son patron comme un personnage orgueilleux, qui n'écoute que lui même. "Mais les procès aux Prud'hommes, et il y en a eu un paquet, il les a tous perdus." Cette femme nous confie même que l'inspection du travail serait intervenue pour chantage vis à vis des salariés.

Bel Maille, bijou de l'industrie ligérienne, a été détruit en cinq ans. Pour cette employée maintenant à la porte, la raison est finalement très simple : "Ziegler c'était un financier, pas un industriel".