Économie – Social

Belfort : le Sertrid pourrait en finir avec ses emprunts toxiques

Par Soline Demestre, France Bleu Belfort-Montbéliard mercredi 25 février 2015 à 20:35

Sertrid
Sertrid © Radio France - Soline Demestre

Le syndicat chargé de l'incinération des déchets dans le Territoire de Belfort a bon espoir de sortir très bientôt de ses prêts toxiques. Après plusieurs tentatives de négociations infructueuses, le dernier rendez-vous ce mardi à la Sfil, la banque à laquelle le Sertrid doit 13 millions d'euros, s'est révélé positif.

Le Sertrid voit enfin le bout du tunnel.

Le syndicat chargé de l'incinération des déchets dans le Territoire de Belfort a bon espoir de sortir très bientôt de ses prêts toxiques, ces prêts à taux variables qui avait été contractés notamment auprès de l'ancienne banque des collectivités Dexia.

Le président du Sertrid Olivier Deroy , le vice président en charge des finances du Sertrid Pierre Rey et le président de la CAB Damien Meslot ont été reçus à la Sfil ce mardi, la banque qui a pris le relai de Dexia . Et ils sont en bonne voie pour pouvoir renégocier ces prêts toxiques.

19 millions d'euros de pénalité pour 13 millions d'euros dûs 

Beaucoup de ces fameux prêts toxiques à taux variables ont été indexés sur le franc suisse, qui s’est envolé récemment. Résultat : les taux ont pu atteindre les 23%. Ce qui fait des sommes très importantes à rembourser, mais l’autre problème c'est que pour sortir de ces prêts toxiques, la Sfil demandait au Sertrid non seulement le remboursement des 13 millions d’euros qu'il lui doit, mais aussi des pénalités exorbitantes de 19 millions d'euros. *"Des indemnités supérieurs à un capital restant dû, c'est absurde" * pour Olivier Deroy** , le président du Sertrid.

Le Sertrid avait même menacé de déposer le bilan ou tout simplement d'arrêter de payer. Finalement, après plusieurs tentatives de négociations très tendues, la banque a entendu le message et aujourd'hui elle accepte de revoir sa copie. 

Un accord d'ici l'été

La Sfil , qui est détenue en majorité par l'Etat, accepterait de renoncer aux 19 millions d'euros de pénalité. Il en resterait seulement une petite partie à payer. Et le Sertrid devrait aussi pouvoir transformer ses 4 prêts à taux variables en un seul prêt à taux fixe sur 15 ou 20 ans c'est à dire sans risque d'augmentation. Il espère un accord définitif avant l'été.

L’autre bonne nouvelle c'est que l'organisme terrifortain devrait pouvoir bénéficier d'un coup de pouce supplémentaire puisque l'Etat a annoncé ce mardi qu'il allait doubler ses aides financières aux collectivités qui ont contracté des emprunts toxiques. Le Sertrid doit déposer son dossier d'ici le 30 avril.

Mais tant que rien n'est signé, le Sertrid maintient la pression sur la banque. Il a toujours deux procédures judiciaires en cours contre Dexia pour ces emprunts toxiques, qui à terme pourrait coûter cher à la Sfil et ne les annulera que quand il y aura un accord officiel.

SON SERTRID

Un bilan 2014 meilleur que prévu mais toujours pas optimal 

Une fois que cette question des prêts toxiques sera réglée, le Sertrid va pouvoir se concentrer sur un autre défi : faire rentrer de l’argent dans les caisses. Puisque l'organisme n'atteint plus ses objectifs. Le Sertrid a certes fait mieux que ce qu'il espérait en 2014 . Il tablait sur 59 000 tonnes de déchets incinérés, finalement il atteint les 70 000 tonnes , grâce des apports extérieurs dû à des pannes d'autres incinérateurs de la région. Mais pour être rentable il doit en brûler 15 000 de plus. 

Le Sertrid est sur le point de signer une convention avec un site alsacien pour brûler 15 000 tonnes de déchets supplémentaires en 2015, et cherche actuellement de nouveaux partenariats dans les départements voisins. Selon Olivier Deroy , "l'objectif c'est maintenant de mieux appréhender la gestion des déchets au niveau régional."

SERTRID deroy